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lundi, 17 décembre 2012

mausolée

L'Apocalypse a eu cinq jours d'avance cette année. Il reste quelques images apprivoisées tandis que les mots s'enlisent dans le deuil, se refusant à tout sens. Un mausolée drapé sur les épaules du soleil et la lune perd tout éclat, engloutie corps et âme. Plus que quelques heures avant d' endosser le sourire de fortune et prétendre masquer le néant. Hantons le jour gaiement et passe le temps et le jour suivant, et le jour suivant.

vendredi, 14 décembre 2012

Métaphore

A la moindre défaillance, l'indéfectible intimité s'effiloche et, d'omissions en pirouettes, fuit vers un regard moins transparent de larmes. La vie est toujours la plus forte, muse insatiable où l'hirondelle fait le printemps. Je n'ai jamais eu l'allure d'une métaphore.

samedi, 01 décembre 2012

Sûre Vie

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Pas de combat, pas de guerre, pas question de survivre. Simplement vivre, accepter, se résigner, pas à une fin non, mais à l'inévitable parcours de néons, d'acier et de sang. Endurer les regards en détresses, les compassions étouffées, la peur inspirée. Saugrenue, y trouver paix, détachement, sans brader son âme, juste en s'adonnant à la prochaine respiration, à la subsistance primitive. Et, de l'obscurité la plus vertigineuse, luir de plus belle.

samedi, 10 novembre 2012

Le point

Tout commence ainsi, simple point, petit ama de fibres sur fond d'anthracite, début trop familier, engrenage de désincarnation. Le point se fait aiguille dans une réminiscence d'éther puis lame quand  devient trop granite le fond de l'air. Un point, ça ne semble rien, mais tant de puissance dans cette image toute en dur et en transparence, le pouvoir de vie ou de mort. Tout finit par un point et parfois aussi, commence ainsi...

dimanche, 04 novembre 2012

A perte de soi

A perte de soi sur les gammes sans fin du quotidien. Si tout me touche, rien ne m'enfonce, défonce le film de glace sous lequel tout reste à vif. Rien , tout, un univers aux confins des extrêmes où l'humanité s'érode dans les alluvions d'une féminité timide et élusive. A perte de soi, l'horizon se trouble, carcan d'autrui aux relents de sainte famille, camisole de gestes et de mots répétés sans cesse en futile Moebius. A perte de soi, je me retrouve nue, purgée, une page blanche à la dérive, vouée à l'effacement.

samedi, 06 octobre 2012

Aveuglément

D'un coup, un détail devient insurmontable et déraille les acquis qui fétus de paille. Les fondations sont molles comme les montres de la moustache. Plus de branche où se reposer, l'air se raréfie au sommet des cataractes. Dieu qu'il fait charbon loin de votre soleil! J'en perds la vue...la vie...

samedi, 22 septembre 2012

Glisse

Ce qui glisse
Ce qui traverse
Ce qui transperce
Ce qui pénètre

Glissent
Les tracasseries
Les contraintes
Le tumulte quotidien

Traversent
Les railleries
Les vexations
Les paroles en vain

Transpercent
Une caresse par mégarde
La nature
Son imagination sans fin

Pénètrent
Les flammes bleues inattendues
Le rythme essentiel
Palpitations de vie

jeudi, 13 septembre 2012

Ce soir...

Ce soir
Je vous écris
Pour oublier
Pour délester le jour de ses lassitudes
Pour découvrir dans le foin des insuffisances
Ce brin de poésie
Porté par le vent
Sauvé par la pluie

Ce soir
Je vous écris
Pour me conjurer un peu
Pour lisser mes cheveux dans votre poing
Pour me glisser dans cette peau mal ajustée
Comme un soupir aux tréfonds de l'ombre
Un sourire décoché en fronde 

Ce soir
Je vous écris sans dessein
Pour empreinter la nuit
Pour emprunter les méandres du songe
Pour faire mine de me retrouver
Là où nous nous serions éperdus

Ce soir
Je vous écris
Pur flacon de solitude
Privé de rivage
Simple écho éteint
Dans l'aube de votre page 

mardi, 24 juillet 2012

Étranglement

Un dernier souvenir de féminité s'échoue sous le ressac des tâches qui la décomposent et revient cycle après cycle le murmure écarlate comme les spasmes d'un souffle immunisé contre son insanité. Rien ne peut être assez, une pile d'os délavés de soleil que se dispute une bande d'enfants écorchés. La voix s'étouffe dans son propre hurlement, circonvolutions errantes de la solitude désinvolte. Un peu d'angoisse, d'horreur, pour consumer la source, infini du cercle étranglé.

lundi, 02 juillet 2012

Fluidifiant

Ce n'est qu' une poésie
Toujours universelle
Jamais définitive

Ce n'est qu' un fragment de vie
Indésirable
Immuable

Ce n'est qu' un peu d'encre
De larmes
Tout juste un râle

Ce ne sont que des mots
Au sens incandescent
Anti-pétrification

mardi, 19 juin 2012

Au long cours

Le cours des choses
Court
Irrémédiablement
Dans le mur
De la prison

Ce qui vous l'a soufflé
M'en a inondée
Jusqu'à l'inconditionnel
Souillé d'impossible

Pour chaque soie tendue
Mille déchirées
Mille piétinées
À votre chevet

Pourtant je perdure
Persiste
Sculptée d'éclats
Saisie d'éblouissement

dimanche, 27 mai 2012

Fenêtres

Nous regardons passer le monde sous les fenêtres de nos âmes, sans parvenir à nous résoudre, sans parvenir à nous dissoudre. L'agitation bat tant son vide, que les coeurs ralentissent à nausée, apnée impuissante comme un refuge de papier. Alors les yeux se ferment réfléchissant le chaos en dehors et les inspirations s'enlacent ranimées par le souffle impétueux. Sous les fenêtres de nos âmes, l'illusion s'efface et le monde s'épanouit.

dimanche, 06 mai 2012

Arguments pausés

Vous me déposez là, en lisière du rêve, hors d'atteinte, à mille milles de toute certitude habitée, encore longtemps après l'extinction de votre voix. La persistance de votre timbre m'y colle comme une ombre. Fête ou défaite, j'y gagne toujours, exemptée des circonstances fortuites aux quelles personne ne peut me réduire. Je m'y pâme, m'y exclame, m'y tortille comme un vers hors d'inspiration et je vous retrouve jusqu'au fond du silence.

lundi, 23 avril 2012

Superlatif

Le superlatif s'épanouit si facilement dans le sillage d'une réminiscence ou plus encore sur l'aile d'une fantaisie. Elle est alors «la plus douce au monde», la perfection, celle qui aurait le pouvoir d'effacer le dégoût, de bercer la nuit. L'existence, elle, se révèle plus crue, insoutenable prolongement du vide, sans nom, ni adjectif, ni verbe pour lui bailler chaînes, aussi translucide que l'attribut est superlatif.

samedi, 14 avril 2012

Pavillon de complaisance

Soudain, la délicatesse suspend le souffle, l'intervalle d'une éternité. Les pensées s'effondrent sous la grâce et un néant limpide et idyllique s'épanouit. Que vous dire? Le champ de l'amour est si envahi de folles conquêtes que sa moindre évocation rebute. Alors je me soumets à l'indicible et je me complais juste d'être.