mardi, 24 juin 2008

intimité de la béatitude - 2ième extrait

d458b8520b73bf1bf98aed8e3dfbf7e1.jpg
66 poèmes couchés sur le papier aux Editions Chloé des Lys
préface de Jean-Paul Gavard-Perret 
 
extrait

déliraude #49

Pénétrer dans le matin comme sous une bruine de paillettes d’or. L’obscurité reflue, acculée à un repli reculé de l’horizon. Le vent glisse entre la peau nue et l’étoffe, gonflant l’hydroglisseur consentant pour une traversée impromptue du miroir étincelant. Son haleine de feu ouvre les vannes en grand. Les mannes inépuisables assourdissent les pensées les plus tenaces pour les métamorphoser en aria divin. La mélodie éthérée, plus vibrante que la plume d’une inflexion d’essence de douceur,  déclenche une réaction en chaîne de  lyrisme effréné, inondation de poésie exaltée, secousse tellurique amoureuse  dont l’écho des répliques s’évanouit au firmament de l’inconcevable, chavirant le spectre d’une volonté défunte. La vie se surpasse en générosité quand les fantômes contemplatifs lui vouent allégeance, aveuglément et sans condition, et s’abandonnent, inconscients, au bal des particules de lumière.


 

dimanche, 20 mai 2007

impitoyable

La poésie souffle ses accents impitoyables
Sous le joug d'une liberté incroyable
Sans contraine
Et sans feinte
Sans gloire
Sans espoir
Humble parole de lucidité
Sans propriétaire névrosé

mercredi, 18 avril 2007

intime

Esprit d’intimité

Comme un voyage hors du charnel

Pétale de temps

Recroquevillé par le gel

Jus de l’instant

Exprimé jusqu’au bout

Sans se presser

Entre deux bouffées de volutes bleutées

Jouissance extrême

Comme l’agonie d’un lent poison

 

Entrée en fanfare de l’inattendu

Complètement détendu

Emportés dociles

Dans l’indicible

lundi, 16 avril 2007

néantification

La palpitation muette
Mémoire obscure de l'origine
Egrenne la permanence du vide
Emplit de chaos vital
La souffrance de bien-être
Le bien naitre de l'immuabilité
Glorifiant la neutralité
L'oubli des illusions factices
La néantification des acquis artifices

Tout est là
Dès le tout premier souffle

Tout est là
Avec le battement initial

Tout est là
Rendu invisible par le bruit

Tout est là
L'éveil silence le superflu

Tout est là
Regarde

 

Chez Luis

 

relativérité

Absolue relativité
Relativité absolue  

D’un regard à l’autre
Multiples facettes de vérité  

D’une écoute à l’autre
Multitudes de possibilités  

Et la poésie comme rampe
Et la poésie comme Etoile du Berger
Et la poésie comme amante
Et la poésie comme grain de diversité  

Et la poésie comme rampart
Et la poésie pour dénormaliser
Et la poésie comme un art
Pour ne pas se conformer

dimanche, 15 avril 2007

enrubannés


Sans s'enlacer
Sans s'en lasser
Un ruban de tendresse perlée
S'enroule autour du coeur
Et d'autres perles d'impossible
Noient le panorama
Pour caresser une perspective invisible
Sur un intérieur déconfiné d'horizon

La brûlure insoutenable
Désensorialise
Incitant à reculer plus profond
A fleur d'émotion
Jusqu'à la vibration initiale

Anéantissement dans un gouffre de lumière
Qui palpite
Dans une note de cristal ébréché
Qui s'étrangle
Dans la perfection absolue de l'instant
Qui refuse de s'éteindre

Agonie d'amour

samedi, 14 avril 2007

déliraude #63

Les voyageurs du vide de l'inconnu
sont des enfants tapageurs,
volages et joueurs.
Dans le feu
de leur silence révélateur
palissent les odeurs
des reflets destructurés moqueurs.
La folie convertige
tous les vestiges
des conventions qui obligent,
épurant d'un trait unique
l'unification
des extrêmes contraires
de la désintoxication.
Tels les enfants du désert,
les voyageurs connaissent
la saveur du vide vert.

vendredi, 13 avril 2007

Skyline

Une fois de plus, le lourd couvercle gris préfère suivre langoureusement les larges courbes de la rivière et reste figé au dessus du Kentucky sans oser pénétrer l’Ohio comme si la frontière géographique entre les états constituait une barrière infranchissable. Rebondissant sur le socle compact comme sur une tôle, la lumière cascade pour déverser une symphonie de vie sur le Skyline, venant lécher les pointes des érections de béton morne, surprises et intimidées par cette caresse inattendue. La beauté est toujours dans le regard, seul capable de percevoir la sensualité torride des arêtes d’acier aiguisées et la douceur infinie des reflets métalliques glacés des tours.

jeudi, 12 avril 2007

l'offrande

La source n’est qu’offrande

sans même un début

d’ambition égocentrique

d’être bue.

Elle coule

sans destination,

ni motif,

juste pour le plaisir

d’ébrouer

les câlines arabesques

de sa fraîcheur capiteuse.

 

Nul ne peut infléchir

le sens spontané

de son filon radieux,

tout au plus

se laisser caresser,

jusqu’à l’oubli,

par le souffle imperceptible

de son ruissellement exalté.

Elle se pâme

de simplement jaillir,

inerte et transparente.

 

Parfois,

son fluide paisible

se mêle,

sans se confondre,

à l’ultime torpeur

d’une autre source

et elles irriguent en coeur

les effloraisons intimes

de la luxuriance du trépas.

La source est offrande.

en ciel

L'astre se faufile dans un panache d'or,
lacérant l'épaisseur des strates nimbées de nimbus,
pour déflorer l'arche du propylée chromatique.

La fulguration de couleurs mouillées
bariole la mornitude bucolique du panorama,
les aquarelles délicates
submergeant les résidus anxieux,
pour les noyer
dans leur tourbillon de pacification
à la saveur pigmentée.

La douce inertie
s'imprègne
de l'éphémérité permanente
de la perfection de l'instant.

Toutes les notes