vendredi, 03 juillet 2009

taire à taire

Saillant du codex parcheminé des cheminements stériles, les glyphes s’hérissent, entailles aux entrailles rapiécées d’où s’écoule paisiblement la douleur comme une douceur noyée de larmes. L’écriture est exhibitionniste. Elle divulgue, en toute pudeur, la face vulgaire des petites lâchetés galvaudées à la barbe de l’innocence galvanisée. Mieux vaut s’étouffer de chair, enfin se taire.

samedi, 27 juin 2009

partition absurde

Un rêve au fond d’une fois s’ébruite en rumeur infanticide, turgescence insolente qui se gausse du cosmos, petite lubie de nuit diluée dans les vapeurs alambiques essoufflées par les lueurs de l’horizon. Pas de fond pour ceux qui ne veulent reconnaitre que celui d’un verre, pas d’affront effronté, d’enfreinte éreintée, pourléchés de souvenirs. Pas vu venir, reparti dans un froissement de chair immaculée de bleus, fondu à l’ombre éblouie, redevenu liquide, translucide, matière neutre, indéfinie, légèrement salée, épouse des aspérités de l’existence rompue, pas même corrompue par un reflet.

dimanche, 21 juin 2009

à la bouche

que le sexe à la bouche
pleine pénurie de paroles
abstraction à fond de gorge
lisse et abrupte
l'étourdissement sacre l'étreinte
à l'ombre soumise
saupoudrée de lune
aux heures de l'écume
décontraction s'affole
d'imminence en faille de soi

 

anonyme

de prédation à séduction

le cœur pause et se décompose

en absence de destinée

l'espace se résume au grain de peau

qui a perdu sa place

et les mains qui la dessinent

tremblent d'anonymat

au fond de l'œil de verre

à croupir en solitaire

cul de miroir

confondu par le vide

du cri de l'enfant

 

dimanche, 14 juin 2009

intimité

il est un toi
de l'autre côté de moi
un toi sans moi sans nous
nuée de lucioles
immolées aux nues

et de ce toi si seul si unique
renaît sans cesse le seuil
sas onirique
toujours béant jamais franchi
vers l'harmonie

il est un moi
à côté de toi
un moi sans toi sans nous
opale brulée
aux reflets étouffés

et de ce moi si seul si banal
renaît sans cesse le rêve
songe bancal
toujours autre jamais même
vers l'intime

il n'est de nous
qu'une fumée sans feu
mélancolie bien à l'abri
si seuls si éperdus
vers brisés

vendredi, 12 juin 2009

en chair étrangère

tout le jour en-hors
guet fatigué

tout le jour en chair étrangère
en eau
se méandre de caprices
sans recueil
inflexions lascives
limpides comme l'ébène

démission de toute fonction
juste un peu fibres
un peu plus résine et pulpe
moulés aux accidents de la route
toute sirène étreinte
gyrofaire en trois temps arrière
artère révulsée
scotchée par la force centrifuge
où tout s'enferre

mercredi, 10 juin 2009

obtus

il est sinueux l'angle obtus
il s'insinue entre les frasques
comme un prisme en effraction

il est voluptueux l'angle obtus
ferveur d'une dédicasse
à la lueur d'une exaction

il est valeureux l'angle obtus
grumeaux de grimaces
pour ego en extraction

et tout se voit
simplement
voix verticales
sur échafaud
au delà de la parole

et tout se terre
inepte
fuite impeccable
qui mène toujours à tort
à travers soi
à travers toi

dimanche, 07 juin 2009

autre fois

Les oiseaux de l’aube sermonnent au creux des reins, remontant doucement le flux vers la fontaine. L’effroi s’origamise au point des ailes, pont de verre dévoré d’aveuglement. Le rêve n’est plus si familier à présent, pénétrant dans ce territoire trop connu où tout reste à découvrir. Il se détache comme une bulle d’hélium du fil de l’instant et l’horizon pâlit déjà. Apaisé, repu de témérité, le songe renait encore de l’agonie de l’autre nuit.

faire rouge

un peu plus déshabillée sans doute
une folie ordinaire se fracasse
dépasse le mur du murmure

face à soi la belle joute
toute dévêtue de sa crasse
épurée de toute blessure

recueillie à l’instant root
la fleur sous la surface
moud les ossatures

pas de voix pas de route
un peu flétrie un peu lasse
rémission des encablures

ne pas y croire pour faire foutre
même si tout est moins dégueulasse
un faire rouge en rature

samedi, 30 mai 2009

détournement

les sens se détournent
révolte tranquille en épitaphe
les hanches prises
les seins turgescents
au rythme de la cambrure du serpent
tenue à la gorge
ténue comme une saccade
des odeurs de forge
en fidèles cavalcades
d’extrapolation en abstraction
rongent les freins sans faim
et l’ombre s’étire sur les écueils du couchant

crève étrange

 

Parfois les mots ricochent longuement sur la surface réfléchissante, chaque enjambée plus éclaboussante, plus émoussante, plus émoustillante, avant de s’abîmer au zénith abyssal. L’évolution est un travelling arrière sans rétroviseur où le pas de valse cascade verte ego assis sous les courants. Le cœur pompe à vide en mal d’amorce, en mâle d’amor, en pâle armor, écorce d’une enfance décortiquée laissée peau mue. La page serait-elle moins mièvre si je s’emmêlait ? La mélancolie attirée par le soleil dore-t-elle les couches supérieures ? Je fais souvent...se crève étrange…Alors la vie rêve!


lundi, 18 mai 2009

flottaison

Flottement, suspension de vie et mort, sorte de dérive sucrée aux apesanteurs nacrées, comme un fond de sauce, neutre et déjà si parfumé, comme un devenir qui n’advient pas, les promesses de ce qui pourrait être, sans les déceptions de ce qui n’est pas…La lymphe est plutôt vertigineuse, baignée de la clarté des paradoxes précurseurs, et douillette aussi. Les fluctuations amniotiques déforment la vision, tout paraît plus intense et moins précis à la fois. Les sons se distordent, plus intimes et aussi étouffés comme inatteignables. Tout semble terriblement rose et verdoyant, une avalanche de nature. Beau ? Peut-être pas, mais juste ce qu’il faut pour que la satiété s’incruste à même la limpidité. Tu m’accompagnes parfois d’une présence imperceptible…oh sans être vraiment là, mais sans non plus chercher à me faire remonter. D’autres fois tu m’attires à la surface, juste le temps d’un contact survolté qui me renvoie aussitôt par le fond. Flottement, suspension de mort et vie, matière primordiale tendrement évaporée.

dimanche, 17 mai 2009

pâleur

le soleil pâlit

il arrache une longue mèche pourpre à la prairie

soie sur les épaules

il ne reste de cette nuit qu’un mutisme en sacrifice

mais le choix ne définit pas

plus qu’une fin de non recevoir

à l’abandon

ce qui se passe lorsque le silence s’enracine est indécent
orgie sordide d’amalgames meurtris qui s’étouffent de leur propre langue
escarres de fayence absorbés des réflexions de leur obsolescence

tout m’écarte, m’écartèle, vais-je enfin me rendre ? m’exclure de l’équation ? ou simplement m’amenuiser jusqu’au zéro absolu ?

l’absolu est un rire blanchâtre au fond de la gorge dont le goût acidulé déchaîne la chienne

l’absolu n’est pas ces mots coagulés dans le meurtre d’un songe usé jusqu’à la transparence

faut-il continuer à aimer comme on lance de pleines poignées de confettis à la grâce de la gravité ? ou simplement clore les yeux ?

ces couleurs ne m’appartiennent pas, elles glissent leur douceur entre les seins sans pénétrer

aimer reste vain ou vin…retour de caniveau pour excès de vieillesse

s’abandonner est-ce abandonner ?

dimanche, 10 mai 2009

de ce qui ne se donne pas

un pacte de silence à l’impact assourdissant
contre-ut éclatant à la démesure des brisants
un carnet au papier lisse pour seule parure
juste entre soi

dès que la douceur affleure
elle se ravale comme un outrage
mais le remous qu’elle insuffle
franchit d’une seule lampée
des distances épiques
jusqu’à l’introversion

écrire, décrire
pour quelle colère
pour quel entichement
à la faveur de l’indifférence ?

la vie ne se donne pas