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dimanche, 17 février 2013

Noctiluques noctambules

nuages noctiluques.jpg

Aux heures froncées de la nuit
Comme un obsédant refrain
Vous vous éloignez dans le sommeil couchant
Offert aux incursions insensées
De rêves ravageurs
Et accompagné de la femme seule qui
Sans les peupler
Vous fredonne inlassablement
La ballade immuable des sens
Sur un air de rien

Et alors que vous sombrez
Confondu de confiance
Les orages revêtent
La soie des pétales
Le sourire de mystérieuses connivences
Poudrant d'or
L’horizon qui blêmit déjà
Sous le joug intime
De la nouvelle aube

mardi, 12 février 2013

Cumul'eau

Le vide s'accumule au fur et à morsures, s'infiltrant dans chaque interstice où la lumière s'immisçait parfois les nuits de plein soleil. Il châtre les braises devant lui, laissant le gel bleuir le lac, et les alvéoles cernées. Étrangement, une cicatrice ose palpiter encore, rebelle à ce corps esclave des poings de passage, des phalanges orphelines, des cœurs défunts en instance de défibrillation. Les nécessités terrestres cèdent sous le poids de la paix incongrue du deuil consumé.

dimanche, 10 février 2013

Nimbus

Je marche dans les vents de glace, toute nimbée de la solitude implacable de ceux qui aiment. J'arpente cette généalogie de l'impossible comme le chemin de ronde de nos remparts. Place du cercle, de l'entourage, du visage enfoui dans la nuque, du feu égaré au creux de la cambrure illégitime. Abstraction de ceux, tous ceux, qui ne sont pas aimés. Situation de leur souffle trop anémique pour inspirer. Lieu de leur effacement, les yeux baissés, délavés d'éblouissement. Je suis pétrifiée, parée de guirlandes d'incertitude comme autant d'étoiles au fond du regard, captive du rythme élancé de vos envolées, figée.

samedi, 09 février 2013

Élément zéro

A bout d'apnée, je capitule le lest qui permettait de sonder la profondeur. En ombre fidèle, je reflue vers la surface ordinaire où mon cœur sèche dans les larmes et les plaies suintent à l'abandon. A langueur de temps, la terre me déserte, l'air m'asphyxie, le feu me fuit et je ne parviens même plus à faire l'eau tant le dernier élément me raréfie. L'absence de soi disperse enfin la poussière inerte du premier élément.

vendredi, 01 février 2013

Échaos

Je tremble. Tout en moi tremble, comme détaché de ses fondations, et s'amplifie dans la caisse de résonance de mon vide. Des flots de tremblements se déversent, délicatement irradiés par cette aura omniprésente qui, d'un papillon de cil ou d'une inflexion, sature jusqu'aux sanglots. Et je tremble subjuguée, incrédule, réduite, magnifiée, rayonnante, éteinte, tremblement de tremblement, jusqu'à presque rompre, je suis vibration, tremblement. Je tremble.

mardi, 29 janvier 2013

convulsions

Pas de si, pas de mais, d'hier, de demain, de jamais, de toujours, seule la caresse de la larme sur ma joue respire dans un battement de vos cils endormis. J'harmonise mon rythme à votre soleil jusqu'à ce que l'horizon, lavé du dernier sang, soit tout blanc. L'ultime spasme se relâche, le carcan se détend, j'accueille le néant dans une cascascade de rire d'où une montgolfière immaculée s'élève. Infaillible, l'instant s'accomplit, tout est en place.

dimanche, 27 janvier 2013

dune mugissante

Comme une malédiction, je fais comme elle faisait, je prétends, je préserve les apparences. Sauf qu'elle se convainquait, moi jamais. Mais avec un tel maître, je sais bien tromper le monde, même vous, depuis...Je m'accroche du bout du coeur à mes belles valeurs, comme rempart à la dissolution, mais elles sont perméables depuis que vous reniez les vôtres. Avant, je me réfugiais dans vos illusions en complice, même si en ces temps là, nous savions l'un comme l'autre tout de la tranchante dictature de la lucidité. Depuis que vous me désertez, plus que jamais je fais semblant, semblant de me suffire de vos reflets d'étincelles dans le quartz inerte, semblant que vous ne la laisseriez pas vous isoler avant de vous consumer tout à fait. Et pourtant, depuis, votre avalanche sur ma face escarpée joue l'accord parfait de nos complaintes entrelacées par les grains translucides.


 


Chant de Dunes


Dune Instrument de musique

dimanche, 20 janvier 2013

Incantation

J'invoque la paix dans l'effacement
Le sommeil dans les larmes
La caresse du silence

Je regarde la déchirure comme de l'intérieur
Je suis brûlure comme pour la conjurer
Et je prétends à l'immunité

Mais je halète impuissante, pantelante
Sans frisson de rémission, de rédemption
Juste flétrie, bannie de la vie

Incantation

J'invoque la paix dans l'effacement
Le sommeil dans les larmes
La caresse du silence

Je regarde la déchirure comme de l'intérieur
Je suis brûlure comme pour la conjurer
Et je prétends à l'immunité

Mais je halète impuissante, pantelante
Sans frisson de rémission, de rédemption
Juste flétrie, bannie de la vie

lundi, 14 janvier 2013

Sanctuaire

La virgule d'un enlacement Fait oublier les aspérités du monde Et même ne serait-ce qu'un instant Tout est juste, parfait, la même onde Laissons les épines s'émousser de tendresse Les horreurs, les douleurs épinglées Et l'usure nous rendre jeunesse Sous les soies de la passion transcendée Je choisis cet instant pour sanctuaire Effaçant tout autour le chaos A l'abri des heurts de l'univers Restons ensemble bien au chaud

mercredi, 09 janvier 2013

Agitation

Je voyais le monde s'agiter tout autour. Vous vous débattre crevant de vie, les enfants s'éparpiller dans les mille éclats de leur adolescence et le reste comme des électrons s'entrechoquant de plus belle. Figée, je voyais cette agitation sans la voir comme si elle rebondissait sur la paix déjà éternelle de mon âme. Je souffrais encore par habitude, mais sans étincelle, sans chaleur, dans une flamme bleue limpide à s'éteindre. Je soufflais encore par habitude, mais sans oxygène, sans couleur, dans une feu femme insipide à plaindre. Je susurrais encore par habitude, comme la dernière énergie d'un réflexe après la fin et j'écrivais encore par habitude comme un dernier soupir.

dimanche, 06 janvier 2013

L'intimité du froid

J'entre dans le froid comme à la Trappe, seule, la tête droite et le coeur en berne, laissant derrière échecs et matériel, repentie de n'avoir su être. Sens et émotions se mettent en veille, en hibernation, en attente d' un hypothétique réchauffement qui même s'il se manifeste ne peut plus enrailler l'engrenage de la pétrification. Amarres sevrées claquant contre les flancs d'un corps à la dérive, même le sang se fige. Il suffirait d'un souffle pour que la palpitation perdure mais sans lui, à quoi bon se réveiller.

mardi, 25 décembre 2012

Prolongations

Et encore la vie me fait défaut‚ me prend en défaut et me défait. Et dépecée‚ le cuir engourdi jusqu'à la limpidité‚ une feuille sèche et morte craque dans un vent de soufre et de douleur‚ auto-métaphore au coeur coupé‚ haché ténu‚ atténué‚ et laissé pour tout compte sous le scalpel implacable d’une machine à prolonger l’agonie.

vendredi, 21 décembre 2012

Les couloirs de la vie

Les couloirs de la vie sont pavés de halos migraineux, du contact glacial des latex et des surfaces métalliques pressés à l'intime et surtout de regards vides, le plus souvent barricadés, ou alors chauffés à peur. Les incertitudes se matérialisent dans chaque stalle, rythmées par une prétendue fenêtre qui jappe un monde en extinction. Dans ce dédale de pièces exigues, la mort transpire sous chaque pas, dans chaque geste, et grignote la fragilité des cœurs attérés, isolés, aspirant la volonté jusqu'au néant.

Et me voilà, réduite à écrire comme une femme que je ne peux même pas prétendre être...

jeudi, 20 décembre 2012

tremblements violacés

Je me suis vue m'échapper, est-ce pour cela que je tremble? Une jeune fille tient ma main serrée dans la sienne, sait-elle déjà qu'elle ne peut me retenir? Je ne peux plus rien avaler, est-ce une indigestion de couleuvres ? Un jeune homme et un moins jeune ferment les yeux et abandonnent, souffriront-ils moins?

Les paupières violacées par une dernière empreinte écarlate, je brule de solitude.