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mardi, 02 août 2011

Plénitude

Il suffit d'en retrouver le chemin
Ce sentier diaphane asphyxié par la jungle
Il suffit d'en suivre l'effluve
La délicate senteur de présence

Il suffit de le dire
Pour qu'il filtre l'insurmontable
De se laisser bercer par sa lumière
Pour brûler en pleine confiance

Je m'en remets au vent
À vos evanescences pathogènes
Je m'en remets à vous
À vos essences hallucinogènes

jeudi, 28 juillet 2011

À l'aveuglette

L'eau tremble à la lisière des cils
Faute de moyens
Rien ne peut retenir l'esprit libre
Qui me maintient

Malgré l'hémorragie béante
Je veux y croire
Comme si détourner le regard
Comblait l'absence

Allez soleil
Réchauffer vos ombres
Rien à craindre
La buée m'aveugle

lundi, 25 juillet 2011

Ébauche

En votre voix fond mon blindage
Le cynisme que le quotidien martèle
En votre voix naît ma douceur
La féminité que la parenthèse aile

Hors de vous je ne suis qu'hors de moi
Égarée dans un néant rageur
Hors de vous je n'existe pas
Étouffée par l'insoutenable horreur

mercredi, 08 juin 2011

Délivrance

Viennent encore des fractions de solitude
Fractures du tissus de l'instant
Rouées d'incurable
Qui rabougrissent l'âme

Viennent encore les aigus de l'injustice
Les violences chroniques
L'impitoyable tristesse
Qui nous échouent en marge de la vie

Mais puis-je déjouer
Pouvez-vous endiguer
L'ouverture des connivences
Où la lumière nous submerge?

Livrés l'un à l'autre
Compagnons de naufrage
En instance de partage
Nous conjurons nos origines

jeudi, 26 mai 2011

eurythmique

le corps grince
le songe longe l'échine
et l'étreinte du néant
prolonge la palpitation

sous les lettres amoncelées
ne se trouve que le sommeil
ses buées pesant sur les paupières
en lisière d'engourdissement

même en ce silence
votre voix m'incarne
et m'inocule l'oubli
du ridicule de la vie

alors en votre compagnie
l'horreur est si douce
imposture de votre absence
au sommet de l'eurythmie

lundi, 18 avril 2011

dilution

votre rêve je l'ai vu
toute cette douceur
l'ondulation aux nues
qui me défait le coeur

votre fantasme
au creux de mes brumes
nos marasmes
comme des enclumes

votre rêve il m'efface
me perclue me dépose
au gré de vos voltes-faces
dilué en toute chose

samedi, 12 mars 2011

tout

vous savez tout ce que je suis
jusqu' aux soupçons de la féminité
jusqu' aux lâchetés de la solitude

vous savez tout
de l'intimité, de la folie
de la tristesse qui attache, rattache
comme un pacte silencieux

vous savez tout du temps qui incarcère
draine la fraîcheur des élans
au fond des étangs d'argent

vous savez le dégoût
vous savez la lassitude
le rêve éploré
les lunes déchirées

vous savez tout de l'amour
à votre coeur défendant
à nos corps repus
sentence à perpétuité

jeudi, 13 janvier 2011

parjure

 

 

le brasier des solitudes
caresse les mots
dans le sens de l’insensé
pour encenser encore le lien ténu
qui nous défait un peu plus

 

me tiens-tu dans l’effondrement ?

me penses-tu ?

si tu penses – suis-je ?

que sais-je – assagie des âges - des présages ?

que puis-je – enjôlée - enjouée – déjouée ?

engage-moi dans tes gageures et jouissons !

jure ! 

 

dimanche, 02 janvier 2011

torréfaction sédimentaire

 

 

coincé comme un chat au fond de la gorge
tu m’enchaines autant que tu me déchaines
et noyée dans les effluves collatéraux
j’épouse ta respiration de sirène

tout se résume à la vitesse de sédimentation
le temps nécessaire à l’hémoglobine pour pétrifier
et tant que tu plonges tes écorchures dans mes veines
la lave s’écoule plus fluide émancipée 

alors la normalité relâche son empire
la fougue éclabousse la moindre distance
tendre torréfaction à cœur
jusqu'à frigide fusion

 

mardi, 28 décembre 2010

sous les interstices

 

 

il n’est pas vraiment d’espace dans ce vide
juste un afflux d’interstices
une inflation de micro-fractures
limpides comme ton faste

même enseveli sous les usures ordinaires
le grand rift affleure
et le galop s’enfièvre
comme un carrousel en éruption

alors la dérive se désaxe
et seul le regard sur ton poing fixe
singulier mouillage d’abandon
atténue le tournis ou l’accélère 

 

 

samedi, 25 décembre 2010

pénétration

 

puisque nous aimons plus que de raison
l’horizon blêmit

puisque nos mémoires n’ont plus d’histoire
l’espoir s’enhardit

puisque nos cœurs fanés s’affalent
nos folies en fuite

le rêve s’émancipe
infuse l’empirisme
comme les pétioles détachés des branches sèches
volent au hasard du blizzard
pour polliniser les solitudes
et butiner encore les chairs vives

la friction des peaux offertes
pénètre plus profond l’âme
imprègne la voix
de son haleine céleste
serment consenti
au transi des caresses

mardi, 21 décembre 2010

blackout

finally the routine chokes
like the flatscreen
like the netbook
like the android
the ipod is off

the silence shines
shimmering lapel
swelling to a raging torrent
that washes off
pastimes and frustrations
glimmering waste of horrors

the blinded flow returned to spring
wanders off hurtlessly to you

this is where I belong

this is where uncertainty blooms
shaping the being

this is where nonsense finds purpose 

samedi, 18 décembre 2010

coupure

 

le quotidien est enfin jugulé
éteint comme la télé
comme l’ordi
comme l’androïd
assourdi
en fermant l’ipod

la lumière du silence apparait
étincelle à la boutonnière
qui gonfle en une rage torrentielle
et emporte en son lit
distractions et frustrations
débris d’horreur rongés de scintillement

l’aveuglement du flux revenu à la source
dérive sans heurt jusqu'à toi

c’est bien là que j’appartiens

c’est bien là que l’incertitude exulte
en sculptant l’être

c’est bien là que l’insignifiance revêt un sens 

lundi, 29 novembre 2010

souffle

 

un souffle pour accoster nos âmes au repos
pour que se confondent platonique et luxure
pour être aussi proches que nos corps sont éloignés
pour que notre fébrilité à préserver chaque instant devienne havre

un souffle pour que nos eaux soient soleil
élixir contre les rampements diurnes
ascèse ébouriffante qui s’adonne à tous les délices
obscurité étincelante qui fond les lésions incurables

lundi, 09 octobre 2006

"La peur d'un nom ne fait qu'accroître la peur de la chose elle-même." Joanne K. Rowling

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Apprentis sorciers, nous avions avec les forces opposées joué
Nous pouvions presque toucher du doigt, embrasser l'extase pressentie
Vous m'aviez sans vraiment le faire exprès votre joli coeur dévoilé
Sans en avoir conscience je vous avais aussi montré ma folie

Cette découverte inattendue nous avait vraiment éblouis
Nous flottions en dehors de nos existences sans trop bien comprendre
Chaque instant avait cette indicible beauté pleinement épanouie
Nous en partagions chaque goutte telle la liqueur la plus tendre

Lorsque le grain de sable c'est infiltré dans le fragile rouage
Nous n'avons pas compris et nous nous sommes retrouvés bien dépourvus
Alors la peur vous a fait choisir la fuite dans son repli le plus sage
Vous m'avez laissé poursuivre seule ce qui était aussi votre du

Instinctivement toutefois, ce qui vous manque vous le pressentez
Et vous savez bien qui peut vous guider sans tellement savoir pourquoi
Mais l'ego et la terreur s'installent en travers du chemin défriché
Vous êtes décidé à tout contrôler et vous ne me suivrez pas

Il faut bien se rendre à l'évidence
Il en sera nécessairement ainsi
Votre triste lot est donc l'errance
Et les yeux aveugles vous voient transi