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dimanche, 17 septembre 2006

"C'est de l'intérieur de soi que vient la défaite. Dans le monde extérieur il n'y a pas de défaite. La nature, le ciel, la nuit, la pluie, les vents ne sont qu'un long triomphe aveugle." Pascal Quignard

 

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Croire connaître le sifflement du vent
S'apercevoir de son silence puissant

Croire connaître les envolées charnelles
S'apercevoir que seul le coeur fait ailes

Croire connaître le goût enivrant du pouvoir
S'apercevoir que la possession est désespoir

Enveloppés de doutes et de certitudes
Se battre pour l'hypothétique complétude
Avant de comprendre que la bataille est futile
Avant de s'équilibrer d'un battement de cil
Chercher, imaginer, inventer un sens à la vie
Le voir dans la brûlure du jour dans la goûte de pluie.

 

 

samedi, 16 septembre 2006

"Qui aime la femme est cousin du soleil." Proverbe turc

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Le vent dépose une mousseline de cristal
Dans les draperies de cieux brumeux de métal.

Au loin, à coté, la fête bat son plein de vide,
Des dizaines d'enfants courent en rires limpides.

Les yeux au firmament, il n'y a que dans les nues
La caresse bruissante de l'Amour reconnu.

La noirceur complice de l'orage fusionne
Avec le soleil en clin d'oeil d'ombre lionne.

Rien ne perturbe l'alignement impalpable,
Solide, l'eau insondable coule ineffable.

Ecoutez...podcast


vendredi, 15 septembre 2006

"La parole est une aile du silence." Pablo Neruda

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Lasse, encensée, l'essence en sens s'élance
Lent, lamé, le silence halluciné danse
Lucide, lacée, la lune doléance dispense


L'insolence innocence lance l'enfance
L'alliance, l'influence, la chance en dissonance
L'affluence, la nonchalance délassent en démence

 

Ecoutez...
podcast
 

jeudi, 14 septembre 2006

"La douceur est invincible." Marc-Aurèle

Les dagues des vagues tanguent
Leurs bagues divaguent exhangues

Un cri cramoisi cristalin
Crucifie un éclat écrin
Une éclaboussure incarnate
S'écrase acrobate écarlate

Les dagues des vagues tanguent
Leurs bagues divaguent exhangues

Quand l'ombre d'égérie éclair
Distille la susbtance au vent vert
La douceur défait le dedale
D'issues desaffectées vandales

Les dagues des vagues tanguent
Leurs bagues divaguent exhangues
 
 
 
Ecoutez...
podcast

"Quand on surveille, les patates cuisent trop lentement. Quand on va faire du piano en attendant, elles cuisent beaucoup trop vite." Thierry Midy

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Visiteurs ou Big Brothers...

 
Je me sens surveillée...
 
Je ne suis pas parano, les différents petits outils d'analyse de trafic sont formels, je suis surveillée...

Ça m'angoisse un peu. Il y en a un qui dirait qu'il n'y a pas de vie privée sur un banc public, et il aurait raison...

N'empêche, surtout quand un visiteur "n'a pas le temps" de s'adonner a l'un de nos rites et qu'il trouve tout de même 6mn20 pour venir lire ici, j'avoue que ça m'agace...
 
J'essaie de ne pas en tenir compte mais inconsciemment je suis sure que ça a une influence...Ça me donne envie de provoquer...D'arrêter d'écrire, histoire qu'eux aussi gardent leurs questions sans réponses et connaissent le gout particulier de l'inquiétude...Je résiste a la tentation, enfin je fais de mon mieux...

Je sais que parfois on est pas prêt pour le dialogue, surtout avec une envahisseuse comme moi, et je le comprends. Ça m'arrive souvent aussi, même si j'essaie de m'en préserver. Mais ce qui me dérange, c'est cette inégalité. Eux ont les moyens de "prendre des nouvelles" sans avoir a en donner. Ils me laissent donc dans l'incertitude et l'ignorance qui viennent s'ajouter a la cacophonie ambiante de leur multiples présences...J'essaie de me blinder, de me dire que cet "espionnage" pseudo anonyme reste un hommage même muet, une attention...Mais j'ai un peu de mal surtout quand le cas isolé se transforme en épidémique et qu'ils sont plus d'un a opérer de la sorte, voire tous le même jour! Je sais, c'est de ma faute...Je paie ma transparence sur la non-exclusivité de mes relations. Ils doivent tous penser qu'ils peuvent être silencieux quelques jours, il y en aura toujours un pour s'occuper de moi...Sauf que c'est aussi vrai que de se dire: "si je perds la vue, les oreilles prendront la relève..."

Mais bon, comme je n'attend et n'exige rien, ce qui peut etre pris a tort pour de l'indifference, et que je pardonne toujours tout, ce qui a nouveau peut etre confondu a tort avec de l'indifference, que puis-je espérer d'autre? 

mercredi, 13 septembre 2006

"Rêve comme si tu vivais éternellement. Vis comme si tu allais mourir aujourd'hui." James Dean

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The Impossible Dream [Live]

 

Les perles statiques des miroirs évidés dévalent
Érodant l'excédant luminescent qu'elles avalent

L'Amour au coeur de pierre, discret frimeur
S'ouvre en s'enfermant sur les chaudes rancoeurs
Et le venin savoureux remplace les pleurs
Toute voix exogène est  joyeuse frayeur
La lumière laborieuse, infertile farceur
Quand la grouillante solitude la satisfait par erreur

Les perles statiques des miroirs évidés dévalent
Érodant l'excédant luminescent qu'elles avalent

lundi, 11 septembre 2006

"In a strange way a lot of our response to Sept. 11 was modeling ourselves as much as we could on the people of London during the Second World War and the incredible way they withstood the attacks during the Battle of Britain..." Rudi Giuliani

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J'aurais pu vous raconter ce matin là, l'indécence du soleil inondant l'angle nord-est du 24eme étage d'Eugenie Terrace à Chicago et le coeur qui s'effondre quand les tours s'écroulent. J'aurais pu vous donner mon appréciation du régime presque fasciste d'un fou furieux qui n'a pas été élu et qui se croit investi d'une mission divine de nettoyage du monde au profit du grand capital. J'aurais pu vous citer des chiffres, exposer des images, disserter sur le voyeurisme éhonté de certains média. J'aurais pu comme TV5 vous parler des victimes collatérales, ceux qui ont aidé à déblayer et qui meurent d'avoir respiré cet air toxique.

Mais, au risque de baisser dans votre estime, le 11 Septembre pour moi n'est rien de tout cela. Cette tragédie à mes yeux a dévoilé une Amérique que vous ne connaissez probablement pas, une Amérique dont je ne soupçonnais même pas l'existence, même en y ayant vécu déjà plus de 3 années, loin des affrontements d'idéaux et de la politique, loin des clivages sociaux et raciaux, une Amérique que je n'aurais sans doute jamais connue sans le 11 Septembre 2001. La vraie force de ce pays n'est pas dans les politiques tous aussi corrompus que partout ailleurs, elle n'est pas dans ses multinationales qui avancent en écrasant tout, elle n'est pas dans son armée ultramoderne, dans son dollar, dans son libéralisme, la vrai puissance de cette nation est qu'elle a un coeur!

Là ou les institutions échouent, ou le gouvernement failli, le coeur de Amérique s'impose, il rayonne...
Il en fut ainsi au lendemain de ce dramatique mardi, le coeur de Amérique c'est soudain mis à battre de tout son Amour. La solidarité et la générosité ont pris le pas sur le débat. Les américains se sont précipités pour donner leur sang, ont organisé des collectes, ont parcouru des milliers de kilomètres en voitures, ambulances, camions de pompier pour venir prêter main forte à New-York à genoux. Ils se sont débrouillés pour rapatrier tous les voyageurs coincés loin de chez eux par l'arrêt du trafic aérien. Ils ont une puissance d'organisation extra-gouvernementale qui nous est étrangère dans l'hexagone. Mais plus encore que cette impressionnante débauche de charité, l'atmosphère était un mélange de deuil et d'amour, il y avait une vibration extraordinaire, comparable à celle d'une famille unie par la perte d'un proche.

Nous, nous sommes descendus du 24eme et avons chanté plusieurs dimanches d'affiler, oui nous les impies, les anticléricaux, avec les africains américains de la petite église baptiste nichée dans l'ombre des 42 étages d'Eugenie. Ces inconnus  ont accueilli  notre détresse d'expatriés loin de la protection de leur famille sans question et sans discrimination, en toute simplicité et nous ont aidé à remonter la pente.

Et puis le coeur s'est rendormi, laissant la place au pire de ce pays, la guère inepte motivée par des intérêts particuliers.

Et puis Katrina a frappé, réveillant à nouveau ce coeur pur, bien que souvent exploité et les chaînes de solidarité ont  ré-émergé, palliant aux graves insuffisance du gouvernement fédéral qui contrairement au 11 Septembre ne fut pas compensé par l'efficacité du gouvernement local.

Oui, l'Amérique a un coeur, malgré la superficialité de la plupart des gens, malgré les carquants de la conformité bien pensante, malgré qu'ils soient souvent incultes, basique et barbares, malgré tous les laissés pour compte et le quart monde qu'elle ne nourrie pas. Et les terroristes, fous de dieu, ont, contre toute attentes, en fait dévoilé des valeurs de solidarité et de générosité chères à l'islam...