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mardi, 13 mars 2007

déliraude #40

Grondement de cataclysme, interférence sans fondement, comme une voix lointaine qui s'éteint d'un seul coup, comme la superficialité d'un silence intolérable. La précarité périclite dans une vrille incontrôlable. Le magma hémophile sous pression bout et jaillit obscurcissant l'azur.  Partout où le regard se porte n'est que chaos, bouleversement dans le déroulement surnaturel des évènements non-advenus de la fiction. Sur les murailles renversées ne se réverbèrent plus que d'étranges échos étrangers. Le miroir éclaté réfracte l'image fendue en flammes oxygénées par les larmes desséchées. Les pieds nus sur la braise, envoluter une comète dans un ballet visqueux de volupté, sortilège d'âme fondue pour aventuriers sans attaches. Une gaze délicatement rosée enveloppe la fin du monde d'un calme aveuglant. L'intensité s'effondre pour mieux s'envoler, sans témoin, juste pour la gloire de l'horizontalité de la clepsydre. L'amour est tout entier à son oeuvre.

autre journée

Telle une goélette tendrement enlacée par l’alizé câlin d’un raz de marée meurtri ou cette robe portefeuille profondément décolletée dont un pan vole soudain, découvrant la dentelle noire d’une jarretière, pour offrir la fine peau blanche de la cuisse à l’indélicate caresse du zéphire indiscret.

 

Telle une matinée d’hiver qui se prend pour le printemps ou cette voix masculine qui se fait femme pour célébrer la vie ou cette oreille féminine qui se fait homme pour contempler l’amour ou ces talons qui claquent au rythme entêtant des sifflements des oiseaux grisés de douceur.

 

Telle l’arabesque fluorescente qui ourle spontanément un nuage ingénu de l’aura incendiaire de l’astre vital ou le reflet brisé qui se répercute à l’infini sur les parois convexes de l’œil du cyclone ou la langue de feu surréelle qui vient pleurer sur le téton érectile.

 

Telle les mots qui ne sont pas dit mais entendus et ceux qui sont dits et jamais entendus , telle les vers qui ne sont pas écrits mais lus et ceux qui sont écrit et jamais lus.

 

Telle cette impression diffuse qui s’attache et se lâche pour se reposer un peu plus loin obstinée, telle ces lendemains du possible qui jamais ne se réalisent et ces improbabilités rocambolesques qui défient les lois de la statistique.

 

Telle l’oubli de l’attente quand l’omniprésence de l’absence s’impose indiscutable, telle l’abandon, telle le don, telle le sommet du fond.

 

Juste une autre journée gravée dans l’instant idéal.