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lundi, 12 mars 2007

blessures

Comme un trésor perdu sans carte

Délivré de l’avidité des pirates

Puisqu’il faut que tu partes  

 

Les milles morceaux du cœur au vent

Pluie d’étoiles filantes se défilant

Repeignent la douceur en transparent  

 

Dans l’ombre fantomatique

Les impatiences multicolormatiques

Envahissent l’espace sarcastiques  

 

Chaque fois comme la première

Chaque fois comme la dernière

Hommage aux blessures sans guerre

déliraude #39

Tanguer dans l’avalanche lexicale, étouffer les résurgences mythologiques, les mains plantées dans le ciel comme les paratonnerres impotents d’une spirale vicieuse ascendante. Gasping for love, pouring love, looting love jusqu’au dernier soupir comme à la première inspiration du nouveau né scandant la toute puissance castratrice de la vie. Sacrifice ultime à la vague sublime, l’amour s’égare dans le Labyrinthe sans cailloux blancs, sans fil. Il déluge chaque passage de son fluide amniotique pétillant, excruciating  jubilation. Bercée par le ressac, roulée par la houle, la dépouille défunte s’emplit des cristaux translucides du sable purificateur et disparaît.

créature de passage

Rire aux éclats pour mieux pleurer

Comme pour l’inéluctable conjurer  

Feindre de croire les explications

Voiles indécents sur les émotions  

Encore et encore défier l’instant

Assourdir de l’intuition les croassements  

Rester créature de passage

Sans enchaîner l’élan sauvage  

Derrière les barreaux de la prison

Contempler la liberté jusqu'à déraison

Eden

Des pépites d’amour éclatent en transparence sous la peau et font éclore les myosotis narcissiques au sein même de l’épiderme embaumé. Au loin, tout près, une cascade étincelle de tendresse, entre orgasme déchaîné et douceur maternelle, murmure du cygne du Printemps bondissant de courbe en courbe. Une ondée de duvet de nacre illumine les vallées d’une canicule rafraîchissante. Un oiseau de paradis décline une mélodie d’arc-en-ciel au firmament embrasé. L’air est lourd comme une peau de loup et si léger, ouragan sans un souffle, prière de l’innocence au vice, luxure virginale. Une dernière fois se laisser séduire, ne pas résister à l’attraction fatale, aveugle au lendemain, laisser la brûlure de l’instant se diffuser, infuser le brin de doigts de soie, la gouttelette de rosée intime, la fine veine qui palpite de la sève intemporelle, pour dégrossir le quotidien de sa superficielle vulgarité et en révéler l’absolue beauté. Subir et offrir, faire subir et s’offrir, purifiés des artifices, retrouver le miracle d’Eden.

déliraude #38

Glorieux instant
Lambeau d'azur
Brut d'épanouissement
Joie la plus pure

Éclairs de soleil

Brûlures de la brise
Langueur printanière
La légèreté se grise

Sève palpitante
D'un calme angélique
Vie trépidante
Dernier soupir stoïque