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mercredi, 14 mars 2007

déliraude #41

Décomposition hallucinée du moment
Dans la vision bleutée de béantitude

Extraction chirurgicale du doux élan
Quand grisé par la valse le coeur titube

miroir, ô beau miroir

L'édifice déjà fragile et vacillant s'écroule en silence. Ce qui reste de l'épave charnelle veut encore faire sa loi et prétend imposer toute l'impuissance de la douleur, en vain. Les hémorragies du corps ne sont que maigres ruisseaux comparés à l'hémophilie du coeur, torrent rageur dont la stérile colère ne laisse derrière elle qu'une traînée de fertile douceur. Contemplé par la bienveillance encourageante de la transparence, le miroir, ô beau miroir, s'absorbe dans un reflet nouveau à la fraîcheur irrésistible.

se taire

Apprendre à se taire, comme un vœux de chasteté.  Exterminer l'inessentiel, systématiquement, jusqu'à l'extinction finale, pour épouser le silence.

Apprendre à entendre, à percer la séduction glacée des mots, tout en se laissant ensorceler, volontairement.

Apprendre l'humilité prodigue de la poupée de chiffon.

Apprendre à aimer.

mensonge

Une odeur de mensonge tangible au point de pouvoir presque saisir sa gluante viscosité, comme une ombre transparente, comme une amertume sucrée, comme une main de pierre glacée dans un gant de velours brûlant qui enserre le cœur, entre flatterie égotique d’une tentative non sollicitée de protection et  incrédulité face à l’insulte à l’intelligence, à l’intuition, à la clairvoyance, à la force de la connexion.

Pourtant, tant pour le menteur que pour le menti, le mensonge n’est qu’une illusion de plus, tentative puérile de camouflage d’un passé passé ou d’un avenir sans avenir.

L’instant ne ment pas , il est toujours sincère
et le reste est sans conséquence, n’existant que dans l’imaginaire.

Alors rire au nez et la barbe du spectre du mensonge, imperméable aux questions insidieuses, ancré dans l’insolent plaisir de l’instant présent, indéboulonnable.

Mourir de rire !