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dimanche, 18 février 2007

déliraude #19

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Une mélodie de guirlandes de tendresse monte en saveur.

Ses senteurs révèlent des épopées fantastiques

Congelées dans le feu de l’instant.

La conversation peut sembler limitée

Aux insoumis bercés de mythes,

Mais elle s’incruste

De myriades de joyaux intimes

Aux couleurs méta arc-en-cielistes

Qui s’envolent

En pluies d’étincelles

De parfums inimaginables.

La vie demeure indomptable,

Incorruptible,

Intraitable.

Elle submerge ceux qui la vénèrent muets,

D’un bonheur indescriptible.

Chacune de ses caresses

Prélude et conclut

Le temps désentravé des convenances.

L’éclat insoutenable

Absorbe les circonvolutions chimériques

Pour alimenter l’infini des trésors

Insaisissables de douceur.

Repus d’être,

Dans tous nos états sans état.

 

vendredi, 16 février 2007

déliraude #18

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S’allonger sur le vide,
purifiés et nus,
hors de toute existence,
pour mieux ressentir l’étreinte
de rires et de sanglots.

 

Etre le jouet docile de ce flux
qui nous dépasse,
qui nous plie à l’infini,
qui marie les extrêmes dans l’harmonie.

 

Le vent s’essouffle.

La lune s’ensoleille.

La pierre s’écarquille.

 

Les émotions se métamorphosent en merveilles
qui nous laissent béats,
abîmés dans la contemplation essentielle,
juste là,
et ailleurs,
et nulle part,
et partout.

 

Souvenir d’un rêve infantile d’ubiquité,
cicatrice de la prémonition de cet instant,
toutes fenêtres ouvertes.

 

 

Morning diamonds

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déliraude #17

 

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La nature cocoone dans une pelisse de diamants et les branches ploient sous le foisonnement des couronnes et des colliers translucides, pures joyaux, messagers d’éphémère, amants de l’instant tétanisé. Le soleil lui-même est intimidé par la grâce immaculée, et n’ose qu’à peine frôler, de la pointe de sa langue de feu pastel, l’extrémité des arabesques transparentes qui frissonnent écorchées de délice. Le chœur des vierges cristallines étincelle dans chaque courbe, chaque vallon langoureux, se lovant dans un creux d’ombre pour mieux rejaillir de surprise, feignant une indifférence lascive pour mieux retenir le souffle de son charme incertain.

jeudi, 15 février 2007

Fièvre de glace

matin-glace-14-fev-07.2_150.jpgLe grondement lointain du sol s'amplifie en revenant à l'épicentre. Les cercles concentriques de la fièvre glacée se resserrent autour du coeur affolé. Le mental illusionne des justifications auto-centrées, futiles, ineptes et vaseuses, murs de cristaux de sucre qui fondent dans le flot frigide de l'air liquide. Une clochette délicate et stridente bat à toutes volées une mélodie fluette au goût de menthe. C'est comme une anomalie, un trou dans le temps et l'espace, un vortex, une ubiquité, comme un dédoublement, deux visions superposées, surimposées qui virent au flou, fusionnent,  surexposées un instant pour se désaccoupler dans le même souffle, en deux images encore plus nettes, plus sharp, plus précises, plus crisp que ce paysage blanc taillé au couteau que le  soleil découpe en ce matin de glace. C'est comme devenir aveugle pour voir par d'autres yeux. Le sang bleu se fige dans l'hallucination.


mercredi, 14 février 2007

valentine's

"La vie est comme une boite de chocolats,..."*
croquer dedans à pleine dents,
briser la coquille fondante
pour se laisser surprendre
par la saveur
parfumée d'inattendu
du coeur,
tantôt coup de fouet
d'une liqueur brûlante
tantôt sirop d'eau de rose
qui tapisse la gorge
d'une étrange langueur,
tantôt fermeté
d'une noisette érectile
qui éclate
dans l'humidité accueillante
d'une caresse buccale,
tantôt crème délicate
à l'amertume équilibrée
d'un arabica exotique et précieux
tantôt juste l'esquisse
d'un reflet de flamme
dans le miroir
qui contemple la gourmandise
en train de se lécher les doigts.

 

 

 

 

* Dialogue de Forrest Gump 

 

mardi, 13 février 2007

dédicace

Un petit tas d'épluchures d'espoirs
Une jolie pile de pelures de chimères
Pour un coeur ébrouant la poussière
Qui fait l'autruche devant la souffrance
Feint insensibilité et indifférence
Dont il doit s'éfeuiller encore
Pour se dénuder hard core.

Plonger dans la peur du pire
Surfer la peur de souffrir
Refuser que la peur de l'avenir
Puisse l'instant parfait circonvenir
Alors la célèbrer, la chérir, l'offrir
A la compassion la dédicacer
Pour enfin s'en libérer.

déliraude #16

La poésie est une courtisane hors de prix qui agite les charmes du plus vieux métier du monde sur les genoux de voyeurs obsédés qui ne peuvent jamais s'offrir plus qu'une lap danse. Sa volupté est très agile pour exciter son monde, faisant miroiter de potentielles caresses extraordinaires que les clients, dans leur constante frustration, imaginent toujours plus fabuleuses. Ses savants effeuillages ne sont jamais que des teases et le poète, son protecteur, s'assure l'exclusivité de ses véritables faveurs. Quand la lumière rouge s'éteint et que les derniers amateurs se retirent, ils inventent un kamasoutra immobile et contorsionné sous une pluie d'éclairs givrés. Ils fusionnent et leur sensualité s'écoule sans limite.

déliraude #15

Le cycle du feu

est un cercle magique

qui emprisonne

les projections du Je

pour libérer le coeur.


Le cycle du feu

de sa puissance tranquille

avale les larmes

de solitude

et de rancoeur.


Le cycle du feu

illumine

les délires parfumés

de l'anesthésie

des bavardages de la pensée

dans un sourire apaisé.


Le cycle du feu

est l'anneau sacré

des amants émancipés

qui ne contemplent plus

que la plénitude

du vide universel.


déliraude #14

L’espace implose

dans un accord lumineux

et l’ivresse se perd

dans les voiles de la douceur.

L'ouragan enlace la vague

dans la fureur mélodieuse du silence.

Affleurant des fonderies

de l'enchantement originel,

Fées et Magiciens

se chuchotent les secrets

des philtres ancestraux

en poussière d'air liquide.

Le feu épouse la terre

dans une transe soumise

de réconciliation des contraires

qui crée une super nova

à chaque battement de coeur.

L'équilibre s'étouffe dans un sourire.

lundi, 12 février 2007

Diamond in the rough

Au cœur du morceau de charbon,

sous la couche de noirceur rugueuse,

le regard de feu

ne voit

que l’étincelle d’imperfection

du diamant brut.

La pierre,

translucide

dans son habit de poussière,

brûle

de ses mille et une facettes non taillées.

La tendresse des flammes qui la couvent

en lèche les arêtes acérées

en arabesques

voluptueuses et exaltées.

Nul besoin de polir

ce précieux joyaux

tant l’indécence

de son intransigeante beauté

resplendit

dans la douceur

de la contemplation.

Les yeux,

même baissés par la soumission,

continuent,

à travers leurs rideaux

de cils dociles,

de s’émerveiller

de ses illuminations

d’ Amour incendiaire

qui transpercent l’obscurité

pour effleurer,

l’éclair d’un instant,

le mystère de la vie.

déliraude #13

 

 

La douceur fleurit
au coeur des perles de secondes
qui oublient de s'égrainer.

Les soies accomplissent
la conivence de silice
de gouttes de jade complices.


L'intimité pose
le velours de sa joue
sur la courbe moelleuse
du sein de glace délicieux.

La moiteur se fige
au zénith d'une mélodie
ruisselante de bonté sans objet.

L'Amour transpire du néant,
recouvrant l'univers conventionnel
de brumes hallucinogènes,
submergeant l'innocence
de caresses abrasives
qui l'aiguisent
jusqu'au noyau originel.

Dans une explosion sub-atomique
de confétis de joie,
la tendresse
assassine de  gentillesse
le pouvoir
reconnaissant
pour l'agonie
de la misère fictive du monde .

Et la lumière est...

dimanche, 11 février 2007

déliraude #12

Enfourcher un rayon de soleil
Agrippé à la chevelure d'une étoile
Pour un voyage fantastique
En dehors de la citadelle d'ivoire désincarnée
Au coeur de la passion inextinguible de l'anéantissement
Sans fermer les paupières
Juste s'offrant au vertige


S'adonner à la jubilation insoutenable
De la vertitude au parfum de pourpre
De la nudité écorchée
De l'être à saveur de souffre
De la mort vive
Vibrante
Vivid
Plus vivante que la vie


Etre, aimer
Aimer être

le non-partage

Tout ce que tu ne partages pas,
Tu partages de ne pas partager.
Alors sans faire exprès,
Tu partages...


Le parfum violet du ciel,

Le moelleux doré du pavé,
La dentelle brûlante du vent,
La soie savoureuse de l'arc-en-ciel,
Le jade liquide de la dune,
La caresse urtiquante du doigts de lune,
Le carnaval fleuri des doutes,
La marée montante de la paix,
Le caramel amer du désir brisé,
La valse tendre des illusions domptées,
Et le sourire cajoleur de la voix enjoleuse.


Contempler la beauté du partage,
Sans prétendre se servir.
Et de la splendeur de l'instant,
Pas vraiment sage,
Encore jouir.


Mindwalk

mindwalk.2_150.jpgLa vie est bien faite...
Un jour de super blues, un super film de blues...
Un jour de paix, un film de perspectives...

Sous le prisme de trois points de vue théoriquement incompatibles (le poète solitaire, le politicien en mal de sens et la physicienne désabusée), une vision hollistique du monde et de la vie.

La version française semble en rupture de stock et aux vues de la densité des dialogues (sans parler des idées), difficile de recommender ce film underground dans sa version originale qui n'a même pas encore été édité en DVD. Pourtant, vieux de 17 ans, il est incroyablement visionnaire, presque une prémonition du phénomène blogosphérique...

Il pourrait facilement être réduit à la présentation de la théorie des systèmes vivants interconnectés, décrivant l'univers comme un réseau, mais il s'avère bien plus subtile grâce à la mutiplicité des angles présentés.
C'est plutôt un essai spirituel sur le sens de la vie, de l'amour,  de l'action ou de la non-action, sans la prétention d'apporter une réponse, ce qui est plutôt rare...Loin d'être anodin...


Quelques citations, notées au vol et en traduction libre.


La physicienne: "Nous vivons une crise de perception. Je propose un système de pensée écologique par opposition au système de pensée mécanique cartésien."


Le poète: "Si les fenêtres de la perception étaient fermées, les choses pourraient apparaitre telles qu'elles sont. Blake"


La physicienne: "[La théorie des systèmes est] la danse cosmique de la Création et de la Destruction." Le politique: "Oui, mais qu'en faire?" Le poète: "Il suffit de la contempler. La danse de Shiva est l'Univers."


Le poète (en jouant un accord sur un piano): "Les relations font de la musique."


La physicienne: "L'essence de la vie est l'auto-organisation. Le vie s'auto-maintient, s'auto-renouvelle et s'auto-transcende."

Le poète (après avoir longuement fulminé et déclamé un très beau poème de Pablo Neruda- "Enigmas", Canto General, XCII. ): "La vie ne peut pas être condensée [à un système]. Et vous [s'adressant à la physicienne], où vous situez-vous par rapport à ceux que vous aimez?"
"Life feels itself."