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lundi, 26 mars 2007

déliraude #54

Chez gmc

 

Ne pas penser , savoir être.

 

Plage vierge se modelant sous les coups de rein de la vague.

Forêt vierge frémissant sous les chatouilles pétillantes de la mousson.

Vigne vierge concentrant amoureusement le sucre du soleil dans chaque grain.

Page vierge brûlant sous la caresse humide de la plume abandonnée.

 

Ne pas penser , savoir être.

 

Fenêtre ouverte sur l’infini indéfini des improbables possibilités.

Bouche ouverte sur la saveur éventée du mouvement inerte.

Diaphragme ouvert en fidèle objectif sans filtre sur la beauté brute.

Cœur ouvert comme une maison bleue dont la clé est jetée.

 

Ne pas penser, savoir aimer.

 

somme

Le miroir s’épure lorsqu’il ne reflète plus que la transparence innocente. Les volcans fantasmagoriques de la passion se métamorphosent en ruisseaux de nacre espiègle au goût acidulé de plénitude. Une révolution insensorielle renverse la dictature ancestrale du corps et le souffle de la liberté éveille le feu doré qui engloutit la chimère du temps qui passe. A l’origine est la vibration immobile de l’instant, la caresse d’encouragement imperceptible du soleil sur le bouton de fleur timide qui, encore tout enveloppé de sombre, ose à peine voir le jour. A l'origine est une présence rayonnante d’absence, juste l’illusion de la possibilité que la somme de la multitude puisse tendre à l’infini.