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samedi, 10 février 2007

déliraude #10

Le vent dépose son ombre
au creux du silence.

Sous le blindage,

une émotion se défoule
dans une farandole galopante
qui épure
l'arabesque de l'azimut.

L'intrépide trépidation
ridiculise la discipline,
qui,
vexée,
durcit et s'érige
en symbole phallique
du martyre de la paix,
victime de l'Autre qu'est Je.


Il faudrait lui couper la langue,
mais,
ça serait se priver aussi
de ses dons
pour la fellation spirituelle.

 

Alors,
pour la gloire
de la découverte du néant,
la rigidité s'adoucit,
s'attendrit même,
devant les puériles caprices
de l'illusion sensorielle
et s'adonne,
calmement,
à l'instant.

déliraude #9

Butiner les hallucinations
Pour n'en aspirer que l'ininspirable.

Dans l'ombre du jour,
Préférer l'obscure évanescence du spectre
A la dictature plastique
De l'image idéalisée.

Accepter sa transparence

Comme un gage ultime,
Plus révélateur qu'un mot,
Fusse-t-il LE mot.


Reconnaître aussi
Que la réciprocité
Dénie l'irréalité
De l'attachement tacite
Et se conformer
A la soumission naturelle,
Par choix,
Pas par tradition,
Dans la dérive vertigineuse
Du manège saharien.

Être sans exister,

Un comble de luxure...

rédemption

Les pastels du crépuscule patinent le coeur exaspérément attendri qui se balance niché dans les pauses de la voix. Le frisson pénètre les os jusqu'à la moelle, les yeux s'embuent du miroitement mystérieux et s'effondrent sur eux-même, incrédules, quand les cascades éteignent la vision. A l'abri dans l'obscurité et le silence, la source s'égare l'éternité d'un instant pour rejaillir juste là, là où elle est niée. Se désemparer des artifices pour hisser l'arc-en-ciel et se laisser parfumer de jade et de nacre au plus profond d'un fin opercule d'innéssentiel. Les jeux de guerre nucléaire, tels le tic-tac-toe, ne connaissent ni vainqueurs, ni vaincus. Livrons nos missiles balistiques à l'exhibition des abysses et dégustons la rédemption de l'azur.