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jeudi, 24 août 2006

"Toute connaissance commence par les sentiments." Léonard de Vinci

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Le chemin de la Connaissance

 

Depuis hier au soir, les larmes ne s’arrêtent plus de couler. Les yeux me brûlent, le sang bat à mes tempes, le tout couronné d’un début d’angine d’été.

Craquer pour un simple baiser avorté…

Mais bon à force d’enfermer le trop plein d’amour dans la cocotte minute, les accidents de cocottes sont inévitables…

Au matin, emprunter le délicieux Chemin de la Connaissance avec les enfants, en rendant hommage au passage du joli pont de bois à la Rivanna, mère des rivières et protectrice de notre foyer, me réconciliant avec la vie. Les messages du matin sont plutôt réjouissants : beaucoup de tendresse, un peu d’avancement de certains projets, bref la journée démarre avec le sourire.

Embellie de courte durée. Incursion du Cheshire Cat dans une verve amère qui me bouleverse… Dévastée par ce qu’il retient de notre aventure, les larmes me saisissent et ne s’arrêteront pas tant que la discussion asynchrone se prolongera. Pourtant au fil des billets qu’il découvre, le souvenir de nous, du bonheur éphémère mais si pur que nous avons partagé semble petit à petit lui revenir et sa dernière phrase est une déclaration à peine déguisée…L’émotion est à son comble. Il faudrait qu’il puisse ne garder que cela…Notre amour ne s’est pas effondré parce qu’il était une illusion, d’ailleurs il ne s’est pas écroulé du tout. Nous avons juste du le mettre entre parenthèses à cause des circonstances de la vie. Notre amour existe toujours, il est juste contrarié…

Un peu ragaillardie par cet apaisement final si émouvant, se sentir prête à affronter le travail très rébarbatif de chercher du travail, mais c’est sans compter sur les taquineries de la destinée qui a décidément une dent contre moi en cette magnifique journée de fin d’été.

C’est le tour du Roi des Ondes de se manifester. Depuis les vacances, il semble distant le Roi des Ondes, oublie nos rituels, ne m’accorde que quelques instants grappillés sans grand enthousiasme. C’est vrai qu’il ne semble pas aller très fort : soucis professionnels, soucis de couple, alors un Supplément d’Ame dans ces circonstances, ca peut paraitre superflu…Enfin la réalité est plus simple, la plupart des gens s’enferment sur eux-mêmes quand ils ne vont pas bien, et lui, vu qu’il est déjà plutôt sauvage de nature, il ne déroge pas a cette généralité. Malgré toutes les perches tendues par le partage de mes doutes, il a du mal à se lâcher. Il finit tout de même par cracher le morceau, mais de mon coté, fragilisée par les 12 heures qui viennent de s’écouler, le couvercle de la cocotte n’est pas hermétiquement refermé, et c’est notre première querelle d’amoureux…Ca n’est pas tant ce qu’il a partagé, c’est plus un effet goute d’eau, le résultat de ces semaines d’interactions superficielles ou il m’a un peu traitée comme un acquis et vraisemblablement en partie parce qu’une autre, dont il est aussi amoureux, c'est évident, joue les difficiles. Quand on refuse ce genre de mesquineries, il y a de quoi être déçue. Et encore plus maladroitement, il dit qu’il ne dira plus rien…Autant dire qu’il met un terme à la relation…C’est sur qu’il ne voulait pas dire ca, mais n’empêche…Enfin bref, la fontaine de larmes est à nouveau à plein régime quand nous sommes brutalement interrompus par cette garce de vie qui ne me fera pas une seule fleur aujourd’hui.

Le Délicieux Sixième Visiteur aurait peut être pu trouver des paroles de réconfort, mais il est trop tard, le Prince est de retour…

Le Prince m’accorde le baiser refusé hier au soir, avec beaucoup de tendresse, ca plus le sourire d’un commentaire laissé sur mon blog, me voila dans ma troisième courbe montante des montagnes russes de la journée…Alors il faut consolider, et qu’est-ce qu’on fait pour assurer la paix des ménages ? Une chose que la sagesse de nos grands-mères connaissait bien mais que ma génération a eu tendance à négliger : un bon diner. En plus, faire la cuisine raccommode avec les cinq sens, rien de tel pour se sentir revivre! Les hommes comme les femmes devraient se souvenir de ses vertus réparatrices de l’âme et des familles. Dans ces cas là, rien de tel qu’une tarte, ou pour l’occasion une quiche. Ah ! Le bonheur incroyablement sensuel de malaxer la patte beurrée qui glisse douce et parfumée entre les doigts, puis la caresse de soie de la farine lorsqu’on roule la patte, une image de Jessica Lange et Jack Nicholson dans « Le facteur sonne toujours deux fois » et la réminiscence de certains jeux avec le Prince en tête. Bon obsédée, on l’est ou pas, n’est-ce pas ? La soirée va forcement être glorieuse, parce que la quiche l’est.

Que nenni ! Cette vache de vie ne va pas me lâcher si facilement aujourd’hui… Règlement de comptes entre le Prince et les enfants sur « le respect de la nourriture », et du coup personne ne respecte l’effort mis dans cette quiche pourtant magnifique. Ça se termine même par une grosse crise d’attachement du fillot qui en arrive à m’injurier alors que le Prince se retire de l’engagement avant qu’il n’y aie mort d’enfant… Et oui, comme toujours, toute la colère se porte sur la maman. Le fillot hurle comme un cochon qu’on égorge et à chaque insulte, trouver le courage d’exhumer son sourire le plus sincère pour répondre avec douceur, « moi aussi, je t’aime ». Après cette saleté de journée, qui eu cru qu’il me resterait assez d’énergie pour une telle confrontation? 30 minutes plus tard, il régresse enfin, et c’est un tout petit bébé qui vient sur mes genoux et inonde ma généreuse poitrine de ses larmes. Nous pouvons alors discuter de ce qui s’est passé, de mes sentiments devant l’indifférence générale à la quiche dans laquelle j'avais mis tant d'amour, devant ses insultes d’autant plus injustifiées qu’il était en colère contre son père et non contre moi. Il s’excuse, à droit à notre chanson rituelle et s’endort comme une masse.

Après les échecs successifs de l’amoureuse, peut être le triomphe de la mère est-elle une rédemption…

Et si demain, je restais au lit ?