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dimanche, 16 mars 2008

géostatique

 

dans le sillage géostationnaire

des babillages balistiques

des silences voyagent en pagaille
hymnes au paganisme obscène

d'enfants volubiles

 

les draps brodés de mots

s'éthérent et s'enflamment

réduisant l'espace au carré blanc

en révolutions orbitales

des âmes en fusion

vendredi, 14 mars 2008

pillage

coeur aux tempes

au temps déserté

temple d'amnésie

pillé par tous les orifices

défoncé d'analgésie

bruissant d'oubli

jeudi, 13 mars 2008

state of flux

un chant d’impossible
essentiel et insoupçonnable
étranglé à l’orée de l’existence
aussi flagrant qu’invisible

un chant de mort
cristal sensuel
aux cendres éparses
épuisées de sens

les câbles ne suspendent rien
et les prétendus ponts lévitent

le vide se nourrit de vide
mascarade d’apparences
sous les arches du renoncement

dans les coulisses
l'abandon tresse inlassablement
les couronnes
qui ricochent aussi sec
vers l’errance

les mots tombent
tombes et mausolées
pyramides hélicoïdales
de coïts hédonistes
puisque je meurt
la guerre rage ailleurs
et l’incertitude resplendit

TROPIQUE DU SUD OUEST de gmc

L'ondulation sans effort
Remonte le long des berges de l'Amazone
Humant le parfum des confluents
Dans la coriandre des rêves
Un soupçon de brise
Tapisse les gorges du Rio Verde
Une alvéole se dévoile
Dans les parages d'un bouton d'or
Un vent d'été prend les collines par surprise
Caressant de la voix les épaules
D'une éminence de douceur
La nuit tombe sur les genoux de la brume
Tandis qu'un frisson émouvant
Se déploie sur le pourtour d'une terre
A l'arôme noisette
De fins torrents descendent
Le long des montagnes troglodytes
Eau tiède dont la vapeur
Réchauffe les parois ensommeillées
Quelques bourrasques tropicales
Font leur apparition
Tandis que la rivière s'émancipe
Sous les pans d'alizé
Qui dévergondent le paysage
A l'échancrure de la forêt
Une clairière abonde en microspores
Qui enthousiasment le parfum
D'une pluie qui ruisselle
Sur des marbres durcis
Les palétuviers ressentent
La montée des torrents
Les champs plient et se soulèvent
Sous les précipitations de chaleur
La température s'exaspère et rompt
Quand l'orage libère sa saveur
Dans un déchirement humide
Qui constelle d'éclats
Un ciel radieux de novembre

 

 

pôle oriental

 

l'embrasement spontané

s'écoule en couleur

soufflant l'air vacant

sur les braises de l'éveil

 

une rafale d'innocence

appareille les buées ravies

 

le lagon se marbre

dans l'ombre d'une étincelle

 

les ingénus cèdent aux dentelles

frôlant du regard la pulpe

d'un baiser froissé de candeur

 

l'aurore expire

tandis qu'une larme exaltée

sourit à un ondoiement de silence

aux envolées majeures

 

des creux secrets sécrètent

des graffitis de graphite

chairs translucides

aux dimensions éphémères

 

quelques coeurs de cyclones

figent l'idylle

tandis que la dune se cabre

sous l'insolation olfactive

qui naufrage les images

aux petits matins des songes

 

les puits refoulent l'églantine

qui affranchit la reconnaissance

de l'accord divin

sous une main de feu

 

les racines s'engorgent

de nuages ultra-violets

les entrailles s'entrebâillent

sous les flocons de fièvre

l'atmosphère se solidifie et fond

quand la houle se laque

comme une claque

dont l'écho s'évanouit

avant même de retentir

 

mercredi, 12 mars 2008

reflet

 

dans l'abysse du soupir

dernier abîme

premier souffle

les circonvolutions convolent

envols des profondeurs

aux vertiges frissonnants

d'une parfaite immuabilité

 

chaque millimètre de séparation

s'érode jusqu'à la communion intime

et le langage aussi se recroqueville

jusqu'au sourire silencieux

des gerbes de lumière

 

morts successives en diadèmes

de corps rompus

repus

extrapolés

putréfiés de grâce

 

réfutation de l'impossible

chuchotée en boucle

sans un mot

par l'émerveillement sacrilège

du reflet

 

mardi, 11 mars 2008

arts du feu

 

 

sous températures extrêmes

les étreintes de silex et kaolins

translucident l'opacité

 

les coquetteries fondues

dessertissent

les spirales ascensionnelles

 

au coeur de moules de banalités

les soupes ardentes

façonnent le plus pur

 

une seule note pulvérise

les éclats de l'aubade

fécondant l'abandon

 

lundi, 10 mars 2008

l'or des fous

 

un filon de pyrite

entre deux rives

un même rivage

d'où ruissellent

ces torrents de fleurs

soupirs d'un seul coeur

celui du silence

 

le passage s'embaume

de pétales de voix

immolés

à la déchirure du vent

 

la commissure est aussi imperceptible

qu'inéluctable

 

sa dissolution resplendit

sous la caresse aléatoire

 

la larme s'oublie

dans les murmures de sa béance

 

pas de mur

pas de grille

juste l'or

le pourpre et le violet

enfiévrant les flancs poussiéreux

de la garrigue

 

comme des enfants

absorbés par l'onde

qu'une aile de libellule

abandonne

sur le derme liquide

 

être le plus clair de l'instant