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mardi, 24 juin 2008

neuve

Assise sur la demi-lune enrubannée du souffle vif du crépuscule, l'aurore passait les doigts sur la pulpe et les notes sombres et cristallines s'élevaient pour se perdre dans l'humeur de la ville. Épris de suspension, un tout petit coeur se blottissait tout contre le galbe de la palpitation, bouleversant encore le chaos de l'équilibre. A la naissance de la nuit du vingt-deuxième jour, l'aube s'est posée sans plus attendre et le charme a corrompu la promesse de toute éternité.

fragments


peut-être aurais-tu su où naît le vent
comment les mots balbutient au sein des fontaines

peut-être aurais-tu simplement touché la main
comme la beauté émulsionne le brin des folies

le poème se serait ainsi éveillé
fruit de passion
flottant négligemment au berceau des prunelles marines

tu aurais perçu la vibration sous l'étoffe
elle t'aurait ému
tu l'aurais laissée t'autopsier sans résistance

la pudeur serait tombée à tes pieds
le vertige se serait envolé
tu aurais oublié

à la fontaine


tu recueillais les mots à la fontaine
sur les plumes du sommeil ou les canaux de l'aube

ils venaient délicatement se poser dans la paume ouverte
frémissant les coeurs des effluves de l'azur

l'air doux se repeignait alors
aux saveurs de l'alchimie

évaporant le panorama en candeur
égrenant les caresses de la vie