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dimanche, 20 mai 2007

apprentis-sourciers

  

le voyage au bout du souffle
monte
gravit
pas à pas
laborieux
lent
hésitant
timide
humide
et puis s'amplifie
se ramifie
se déroule 
se répand
rejoint
la vague de magma
qui s'infiltre
pernicieuse
l'air en l'air
douce et puissante
insistante
irradiante
étincelante
brûlante
pénétrante
battant en brèche
l'axe dorsal
flamboyante passion
grâce infinie
homme
femme
unis
réunis
intègrés
fusionnés
unique
et retombe
au bout du coeur
et reprend l'ascension
sans fin
plus haut
plus haut
en détonation délirante
qui continue d'exploser
se fend
se déchiquette
s'oblitère
dans un bain d'éclats de moi
pulvérisé
monte encore
tient la note
tient la vague
un peu plus
encore un peu
s'étale en frissons insoutenables
débordés de tendresse absolue
enivrés de la soie des âmes perdues
dans une dernière secousse
anti-sismique

 

 

intouchables

aux senteurs escarpées
des fumées de chaînes et de boites
se tracent les paroles du silence
incomplaisances en harmonies
transparentes au désir de  plaire
 
apnées extatiques pour maîtresses
échappées lyriques pour grandes prêtresses
abolis l'un à l'autre l'un par l'autre
abolis l'un de l'autre l'un dans l'autre
le dire comme la première fois
l'entendre comme la dernière fois
 
expirer le souffle
évincer la voix
putréfier corps et doigts
distance et absence
passé et avenir
oser ne pas savoir
 
aux saveurs éventées
des amours de chair et de sang
se consument infiniment les amants intouchables
en miroirs brisés d'insouciance
ignorant les fracas de l'empire des sens
 

impitoyable

La poésie souffle ses accents impitoyables
Sous le joug d'une liberté incroyable
Sans contraine
Et sans feinte
Sans gloire
Sans espoir
Humble parole de lucidité
Sans propriétaire névrosé