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vendredi, 16 mars 2007

déliraude #44

De transat en transit

Pour les cœurs en fuite

De transit en transat

Le poison se carapate

De transat en transit

Loin du confort des rites

De transit en transat

Don’t act !

le zen de la tartine

 

la résignation a ce petit goût familier
de réglisse à la violette
dont le filet sirupeux minuscule
s'écoule lentement dans la gorge
diffusant un bien-être expansif

la résignation porte
la douce amertume
de la délivrance
en crinière ébouriffée
comme un besoin négligé
assouvi par hasard
une goutte de rosée improbable
qui grise une fleur de cactus
une tension délaissée
qui se relâche
devant la considération
du doigt de glace

la résignation est une compagne
à la fidélité exemplaire
sur le sein ouvert
elle connaît par cœur
le tempo du lâcher prise
cet unique temps de la valse
quand la tête bascule en arrière
que la vue se brouille
illuminée par la pâleur du plafond
et que l'ivresse redessine le rêve
atrophié au point de conciliation

la résignation enfante la compassion
en assassinant l'appropriation maladive
pour polir l'ange
au plus profond du marbre

la résignation est maîtresse
des mousquetaires du vent
courtisane dangereuse et surdouée
experte en arts primitifs du plaisir
odalisque invisible
à la volupté insaisissable
elle est le début et la fin
charmeuse de mythes venimeux
à la peau d'albâtre transparente
envoûtante diva
de mélodies ensorcelantes
en crescendos ronronnants
de cascades jouissives

la résignation est condition
de folie amnésique
tendre épouse
de l'instant sauvage
esprit de sang
source de paix