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mardi, 09 janvier 2007

Dors...

Le feu qui m'enivre a la saveur anisée de l'absinthe quand ses vapeurs s'élèvent en volutes azurés pour rejoindre le carrousel des comètes.

Une nuée de petits papillons mordorés s'évade de mon coeur et se laisse emporter par les courants de la voie lactée pour venir du bout des ailes déposer des milliers de lègers baisers, soupirs d'Amour, juste au coin de tes rêves.

Dors, ange des songes nus.

Dors, enfant béni de l'innocence dans le moelleux écarlate de la flamme extasiée.

Dors, petit prince qui ne renonce jamais à une question une fois qu'elle est posée (*) dans les pétales ensanglantés entêtants, feuilles mortes de peur et de désir.

Dors, Amant de l'Instant dans le sein de l'incendie vitriolé, dans la cambrure de mes reins, sur le galbe de mes fesses, tout au fond de mon âme.

Dors, jusquà moi.

 

 

* d'après Saint-Exupéry