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jeudi, 28 décembre 2006

Dentelles de pierre gothiques


Étaler le manteau étoilé de la nuit sous nos pas, comme une aura lumineuse, pour nous préserver de toute vulgarité atmosphérique. Décanter des feux d'artifices poétiques finement ciselés, comme des dentelles de pierre gothiques, mariant le faste lyrique et la simplicité épurée, code épique décryptables des seuls contemplatifs romantiques. Offrir tour à tour le masculin et le féminin, unis et pluriels, dépouillés de tout atour, pour un équilibre d'Amour. Savoir être entièrement l'un à l'autre, sachant que l'un ne peut posséder l'autre et jouir de cette reddition complète sans pour autant collecter ni les armes, ni la glorieuse fête. Dans un partage où rien n'est échangé, goûter la confiance ultime de tout donner sans que jamais rien ne soit pris et de tout recevoir sans jamais rien s'approprier. Immoler les derniers désirs, rites sacrificiels essentiels aux fondations de l'Illumination. Cultiver jalousement la plénitude de la solitude, condition nécessaire à la permanence de l'instant. Se laisser emporter par la valse, jusqu'à l'ivresse, peut-être un jour, pour toujours, sans retour.




l'envers du décor

Des mots comme des traits de lumière qui éclairent l'envers de votre décor.

Des mots qui provoquent vos désirs inavoués, vos intentions inconscientes, vos envies de reconnaissance, vos rebellions futiles parfois.

Des mots pour vous, pour tous, portes éblouissantes, passages insensés, miroirs sans complaisance.

Des mots que vous revenez lire sans savoir pourquoi.

Des mots plaisir, des mots guérir, des mots frémir que vous ne comprenez pas.

Des mots dont vous pensez connaître la source mais qui ne jaillissent que du néant pour se révéler à ceux qui l'ont épousé.

Des mots sans maux qui ornent ces pages, jour après jour, qui ne servent à rien, ni à personne, esclaves discrets de l'Amour.