dimanche, 12 novembre 2006
dérisoire

Volets béants des miroirs
Gémir d'Amour dérisoire
La lumière s'ouvre en deux comme une noix
Dans un tourbillon de torpeur foudroie
Terrible et merveilleuse tout à la fois
Détresse délectable et sanglots de joie
Laminée la douceur se pâme
En abdiquant tout jusqu'à l'âme
Vertige exquis, fixité vertigineuse
Gouffre superficiel, élévation creuse
Cette fièvre n'est qu'insignifiance
Et pourtant centre de gravité du sens
Volets béants des miroirs
Gémir d'Amour dérisoire
Gémir d'Amour dérisoire
La lumière s'ouvre en deux comme une noix
Dans un tourbillon de torpeur foudroie
Terrible et merveilleuse tout à la fois
Détresse délectable et sanglots de joie
Laminée la douceur se pâme
En abdiquant tout jusqu'à l'âme
Vertige exquis, fixité vertigineuse
Gouffre superficiel, élévation creuse
Cette fièvre n'est qu'insignifiance
Et pourtant centre de gravité du sens
Volets béants des miroirs
Gémir d'Amour dérisoire
03:05 Publié dans Mutisme des mots, Mutisme des mots bis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citation, extase, béatitude, amour, songe, espérance, solitude
Légionnaire
Tu as fait tes armes dans la Légion Etrangère au plus profond de forêts primaires, dans ces contrées si sauvages où la vie resplendit avec toute la cruauté d'une nature à l'état brut. Ça n'était pourtant pas plus brutal que la guerre civilisatrice dans laquelle tu as grandi. Tu as été surentraîné, préparé à tout, une vraie machine de guerre. Autour de toi tout plie, tout rompt devant ta volonté inébranlable, rien ne peut stopper ta progression. Tu sais que cela fait partie des règles tacites du jeu. Tu sais que si tu reprends ton souffle, tu es mort, alors tu avances, exécutant sans faiblesse cette routine parfaitement orchestrée dont on t'a si bien lavé le cerveau. Tu es reconnu pour cette exécution sans faille, sans question, sans hésitation, les médailles qui ornent ton fier uniforme témoignent de l'admiration de tes pairs. Tu n'es pourtant pas tout à fait encore un robot, tu vois bien les ravages, la destruction tout autour de toi. Mais ça te laisse froid, tu as l'habitude, c'est cela ta normalité.
Sauf qu'il semblerait qu'il ait eu une lacune dans cet entraînement si intensif et exhaustif.
Juste une petite lacune...
Personne ne t'a jamais dit pourquoi.
Occupé à survivre encerclé des dangers imminents contre lesquels on se bat, ça n'est pas une question qui vient à l'esprit. Il faut d'abord acquérir les compétences pour lutter, ne pas se faire tuer, et le temps manque.
Pourtant, cette nuit-là, dans un demi-sommeil, tu ne dors jamais que d'un œil, ce mot fait toc-toc dans ta conscience anéantie de réflexes conditionnés. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Tu ne sais pas…
D'aussi loin qu'il t'en souvienne, tu n'as jamais eu de discussion avec qui que ce soit qui puisse te donner seulement un indice sur le pourquoi.
Comment,…ça tu maîtrises, tu sais trop bien comment…Quoi,… tu en as une bonne idée, même si le concept reste relativement abstrait, tu sais que l'objectif est le succès. Tu n'es pas certain de la définition exacte de cette cible, mais elle porte au moins un nom, et c'est donc déjà un début de définition.
Mais, pourquoi ? Pourquoi ? Non, jamais pourquoi n'a été évoqué…
Alors tu t'arrêtes…
Pourquoi pas ?
00:05 Publié dans Mutisme des mots, Mutisme des mots bis | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : citation, extase, béatitude, amour, songe, espérance, solitude




