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jeudi, 07 septembre 2006

"La meilleure séduction est de n'en employer aucune." Charles Joseph, Prince de Ligne

 

Le jeu de la séduction est une démarche puérile et stérile qui vise à créer une relation artificielle entre deux êtres. En effet, ce ne sont pas les actes qui déterminent si une union est éphémère ou établie mais la nature même des individus qui est compatible ou non.

Toutes les parades amoureuses du genre proie/chasseur sont futiles et n’établissent pas de fondation pour le couple. Si l’homme a effectivement un instinct de chasseur, il y a de nombreuses manières de lui permettre de le satisfaire une fois la connexion stabilisée.

De même qu’un couple formé de deux individus qui se ressemblent est aussi une base bancale. Seule une différence flagrante entre les partenaires, voir l’incompréhension mutuelle, peut engendrer la profondeur de dialogue nécessaire à la survie de la relation. Il est certainement tentant de se retrouver dans l’autre, après tout c’est un peu comme se regarder dans un miroir, mais une fois de plus, ca n’est qu’une base artificielle qui aura peu de chance de survivre aux défis de la vie, y compris l’évolution de chacun des individus.

A la base de toute union intime, il y a d’abord le désir, et celui-ci doit être partagé. Sans désir, pourquoi chercher à s’engager plus dans une voie sans issue ? Alors, il convient de manifester son désir de l’autre très tôt et d’encourager le partenaire à exprimer le sien. Comme on ne peut être sur que de ce que l’on ressent, il s’agit de l’exposer de la manière la plus transparente possible. Si l’autre ne répond pas d’emblée, la seule chose que l’on puisse faire est inférer son propre besoin d’être désiré.

Rien ne met plus en confiance que d’être désiré et de le savoir.

Lorsque l’on a confirmation de la réciprocité du désir, on peut alors s’engager dans un processus de découverte et d’apprivoisement mutuels.

« -On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!

-Que faut-il faire? dit le petit prince.

-Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près…

Le lendemain revint le petit prince.

 

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-Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur… il faut des rites.

-Qu'est-ce qu'un rite? dit le petit prince.

-C'est quelque chose trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. » Antoine de Saint-Exupéry

Chacun a eu sa dose de déceptions et de deuils dans la vie, et nous sommes tous protégés par une carapace plus ou moins épaisse que l’on croit pouvoir faire bouclier contre la souffrance. On se trompe, cette armure est plutôt un obstacle parce qu’elle nous empêche d’être naturels. Pour éviter de souffrir, il faut ne pas avoir peur de souffrir…C’est notre peur la véritable source de la douleur et des échecs tant redoutés.

Aussi pour pouvoir aborder la relation d’une manière sereine, outre de la peur, il est nécessaire de s’affranchir des enjeux et particulièrement des pulsions névrotiques que notre instinct de reproduction nous impose. Femmes comme hommes, moins on le fait, moins on en a envie. Toutefois, le corps a son propre rythme, ses propres besoins, dictés par les hormones. S’en libérer par l’autoérotisme, permet d’éviter que les pulsions ne prennent pas le pas sur la démarche d’apprivoisement. De plus, les endorphines produites par l’orgasme contribuent à maintenir un état légèrement euphorique beaucoup plus attirant. Et finalement, s’il doit y avoir passage à l’acte, le sexe sera naturellement fusionnel car délivré de la quête orgasmique.

Enfin, il faut aussi s’affranchir de l’enjeu du succès, se détacher du résultat de la démarche. L’objectif de réussite est un peu comme l’obstacle en équitation. Si vous êtes obnubilé par l’obstacle, le cheval refusera de sauter ou se cognera dedans. Pour pouvoir sauter par-dessus l’obstacle, il faut regarder après, derrière. Encore une fois, toute idée de contrôle de l’issue n’est qu’une illusion. Si les partenaires sont compatibles, la relation existe et s’épanouie. Sinon, il n’y a pas d’intérêt à la maintenir artificiellement. A quoi bon se soucier de quelque chose qu’on ne peut pas contrôler ?

En synthèse, il s'agit de se laisser aller, d'être attentif à son intuition, de désirer, d’être désiré et de s'apprivoiser affranchis de tout enjeu pour découvrir une potentielle compatibilité...La contruction sur ces solides fondations est une autre aventure!