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mardi, 21 novembre 2006

magie

Tu as jeté le temps aux orties, le vent à la pluie, les amours à l’Amour.

 

Tu as lavé les mirages, décimé les chimères, sacrifié les illusions.

 

Tu as écouté le silence des sirènes, dansé leur cris perçants, immolé leurs voix.

 

Tu as dompté ton corps, il est devenu translucide, fardeau léger de l’âme.

 

 

Alors dans les cendres de cette combustion sans thermodynamisme, tu as recueilli la poussière des mots et tu en as fait jaillir à nouveau des étincèles, encore et encore, en un cercle vertueux de lumière. Prestidigitateur de plume et dresseur d’intuition, saltimbanque du verbe et apprivoiseur de langue, apprenti sorcier du mystère, magicien de la vie.

 

Plume

La plume se pose à la surface du flux lumineux et caresse les profondeurs émerveillées. Tout autour le tumulte enrage, s’acharne dans pouvoir soulever le poids inexistant du duvet de cristal. Les hurlements de l’ouragan, rassurants comme ceux des loups, chantent le silence étincelant dans l’apaisement des sens annihilés. Le chao sourit à l’ordre désordonné de l’inanité et raisonne d’une note turquoise. Le vide est plein, le plein est vide, la balance en équilibre.