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vendredi, 03 mars 2006

"J'ai vu un ange dans le marbre et j'ai seulement ciselé jusqu'à l'en libérer." Michel Ange

Cher ange du matin, merci d’avoir pris la peine de venir bénir mon Vendredi!
L’arrivée de votre message à 4h39 m’a réveillée, comme si j’avais pu le deviner emprunter les méandres de la toile pour parvenir jusqu'à moi. Il faut dire qu'allongée sur le ventre, je pouvais aussi percevoir votre poids et votre chaleur contre mes fesses, le long de tout mon corps et vos mains emprisonnant mes seins…

Richelieu, voila une description qui vous va comme un gant ! Aux vues des pensées badines dont vous m’avez honorée toute la semaine, il faut même croire que les jeux du pouvoir vous excitent. Décèlerais-je là l’une de ces aspirations secrètes trop peu mise en valeur ? Flash d’une vie parallèle où, après l’amour, nous combinons la vivacité de nos deux esprits pour élaborer des stratégies invincibles.

Pour votre couple, peut-être mon petit scénario pourra vous engager sur une meilleure voix…L'avez-vous reçu cette fois?

Souvenez-vous, Fred est …jardinier ! Et votre compagne que fait-elle ?

A tout à l’heure pour votre message de bonne soirée et de bon week-end :-)

Votre supplément d’âme sœur, Aude.

Bonsoir,

Les oiseaux ont raison. Maintenant, lorsque nous traversons le bois le matin, le soleil beaucoup plus haut dans le ciel, ne caresse plus que la cime des arbres, projetant des zébrures sur le sol de la forêt. Je marche doucement pour le retour, humant l'air à pleins poumons, dégustant la morsure de la fraîcheur sur mon visage, souriant au ciel et composant dans ma tête les phrases que j'ai envie de vous écrire. La vie prend une toute autre dimension quand vous vous livrez un peu.

Que votre week-end soit délicieux. Puisse votre esprit voguer vers moi pour s'abriter à la moindre frustration. Puissent ma joie et ma paix intérieures dessiner un sourire sur vos lèvres et enchanter vos nuits.

Votre supplément d'âme sœur, Aude.

Votre dernier tout petit message avant de partir m’a fait l’effet d’un romantique bouquet de violettes, charmant, émouvant. Cette danse de séduction que vous conduisez avec tant de dextérité est toujours la même. Elle commence à chaque fois l’un contre l’autre tendrement enlacés comme aujourd’hui, puis la force centrifuge du quotidien nous arrache progressivement l’un à l’autre, et chaque fois, au moment où je crois que vous allez me laisser glisser hors d’atteinte comme hier, vous me ressaisissez dans un mouvement souple et virile pour me recoller à vous. C’est peut-être votre manière d’affirmer votre domination, sauf que je vous voue allégeance sans résistance et que cette manipulation est inutile. Pour moi, c’est un yo-yo émotionnel dont je tente par tous les moyens de minimiser les oscillations. En recherchant les fantasmes que je vous ai écrits pour en préparer une éventuelle « blogisation » (pas encore tout à fait décidée, ils sont peut-etre un peu trop graphiques…), j’ai relu certains récits de ces abîmes et sommets. Certes, la tendresse de Fred, le sexe et le blog permettent de compenser un peu, mais ça reste difficile. D’un autre coté, il me faut concevoir que vous avez probablement besoin, en véritable éminence grise, d'exercer ce minimum de contrôle, alors je vais continuer à travailler à mon adaptation. J’ai néanmoins décidé de ne pas vous demander votre avis et de venir vous voir lors de mon prochain séjour en France, pas question de revivre les instants douloureux de Noël ! Nous verrons bien ce que deviendra ce moment. En dépit de nos craintes respectives, j’ai confiance dans notre amour.

Soirée de pur bonheur familial, les enfants sont super choux, Fred adorable et tendre. Au menu : concours de bisous, de rigolades, de danse, de phares avec les 2 voitures. 4 heures de déconnexion, de sevrage, mais dès mon retour à la maison, je ne pense qu’à me reconnecter…Je suis donc gravement atteinte !

Pour Maylis

On ne peut avoir qu’une seule âme soeur, et il faut probablement l’avoir trouvée pour s’en rendre compte. Mais la vie est plus compliquée, ce n’est pas parce qu’on a découvert son parfait complément qu’on est apte à l’amour ou qu’il est disponible. Pour savoir aimer, il faut s’aimer un peu, ou du moins s’accepter un peu, il faut se connaître un peu, ou du moins ne pas s’ignorer complètement. Moi, à 25 ans, j’étais une grande handicapée de la vie, désensibilisée par un mal que les femmes se transmettent de génération en génération dans ma famille, la froideur parfaite. Je n’avais jamais vu un film qui m’ai fait pleurer, même pas « Love Story » ou « Le vieil homme et la mer » où toute mes copines fondaient en larmes, et en plus j’en était fière ! Alors je jouais en effet à me confectionner l’homme idéal grâce à un patchwork d’amitiés amoureuses. J’avais 5 amants, tous mariés : le père, le frère, l'ami (qui me prêtait volontiers à ses copains et qui me disait que faire l’amour avec moi c’était comme baiser avec son meilleur pote en plus doux), le fils et …Eric, l’Amant. Bien sur, si Eric avait été disponible, il n’y aurait eu que lui…Mais le destin en avait décidé autrement. Alors, il faut bien se protèger. Tous connaissaient l’existence des autres et la seule règle du jeux : un jour un homme viendrait et du jour au lendemain, je disparaîtrais de leur vie, y compris de celle d’Eric. Je croyais naïvement que ça pourrait altérer sa décision d’être avant tout un bon père…Et puis Fred m’a abordée dans le métro. A cette époque, c’était tous les jours, toute la journée, pourtant je ne suis pas belle, mais je devais irradier des phéromones irrésistibles…Je disais en plaisantant avec mes amis qu’un jour je répondrai juste par curiosité. Ce jour là, l’indisponibilité maladive d’Eric m’avait mise en colère. Fred a dit tous les mots justes, a eu les gestes parfaits. Une semaine plus tard, nous vivions ensemble et j’ai dit adieu à mes 5 amants. Eric n’a rien tenté pour m’en empêcher. Ils ont bien tous essayé de me revoir, mais c’était moi, cette fois, qui n’était pas disponible… Fred était une âme en perdition mais d’une sensibilité extrême. Nous nous sommes sauvés l’un l’autre. Il m’a appris à ressentir, je lui ai appris à déculpabiliser, nous y travaillons toujours. Alors voyez-vous Maylis, il n’y a pas d’homme idéal, parce qu’il n’y a pas de femme idéale. Nous sommes justes des âmes en chantier. La difficulté est de se rencontrer à un stade de développement compatible, après on peut évoluer ensemble. Eric est mon âme sœur mais nos chemins se sont juste frôlés sans se croiser, et nous vivons dans des mondes parallèles qui un jour peut-être se rejoindront. En revanche, Fred et moi partageons le même univers, nous nous sommes trouvés au moment parfait et depuis nous évoluons main dans la main. C'est beau aussi.
Et puis maintenant, je pleure tout le temps, au moindre truc un peu emotionel, que ce soit triste ou joyeux, une vraie fontaine! Et aucune honte...