intimité de la béatitude - 3ième extrait
mardi, 16 décembre 2008
clandestinité
La poésie vient sans intention, sans construction, effluve d’un souffle qui dépasse les capacités pulmonaires des poètes et surtout leur entendement. Ils ne font que surfer son univers, délicatement enlacés à la traîne de lumière des comètes pour se laisser porter au delà de l’imagination la plus fertile dans les vallées vertes et vertigineuses du néant prolifique. Passagers clandestins, ils se font le plus discrets possible, n’osant souvent qu’un œil intérieur timide en retenant leur respiration d’émerveillement, si humbles devant la beauté surréelle exposée à leur contemplation flibustière. Du vide intense de ces voyages, ils ne ramènent que de pâles ébauches, pauvres représentations bidimensionnelles de la multitude des profondeurs multidirectionnelles qu’ils découvrent. Alors sans relâche, effacés jusqu’à la transparence par la reconnaissance de l’immensité du privilège qui leur est accordé, ils s’offrent à la tâche ingrate et fructueuse de révéler la splendeur, repoussant juste un soupir plus loin les limites de la perception, en modestes serviteurs de desseins qui les submergent de grâce.
3 commentaires
C'est très beau ce que vous écrivez. Merci d'avoir traduit la lettre de Norton Hodges cela m'a permis de mieux m'approcher de son dire d'écrire.
Je reviendrais lire votre blog mais le sommeil me met du sable dans les yeux il est temps de regagner les rives des rêves.
Bonne nuit
"Révéler la splendeur", belle définition, finalement.
très belle définition de la poésie et de son alchimie mystèrieuse
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