L'apesanteur
jeudi, 13 septembre 2007
C'était l'apesanteur.
La vague à vague avait été désordonnée.
La chambre n'avait plus de sens, plus de sol, plus de plafond, tant l'espace s'était distendu.
Lui, si puissant avec son poignard à la courbe parfaite, encore tendu même après l'explosion.
Lui, si fin, si fragile devant l'étalage charnel des formes luxuriantes, regardait ahuri, encore essoufflé par son marathon, ce corps qui continuait à se convulser dans des gerbes de gémissements étoilés.
Il posait ses mains sur le feu, partagé entre le besoin d'apaiser et la fascination du spectacle en murmurant " Nan, nan, vous êtes trop réceptive,...vous êtes trop réceptive..."
Et puis, ne résistant plus, il se joignit à nouveau au mouvement, comme s'il n'existait pas d'autre alternative, en glissant un doigt, là où aurait du se trouver la source des flammes, tout en prenant conscience que la véritable origine était ailleurs. Toujours perplexe devant le prolongement du déchaînement des éléments, il dit encore, songeur, "un doigt, un seul doigt..." puis se tût, comme magnétiquement enchaîné aux ondulations, émerveillé et dubitatif. Quand, finalement, il cessa de douter, de chercher à comprendre ou de vouloir à tout prix jouer son rôle de mâle, il se laissa emporter à son tour, encore et encore,...
4 commentaires
Encore, et encore, en double, dédoublement :)
en trouble éclaircissement, pyrome...
Je prends enfin le temps de fouiner un peu partout.
Quelle écriture!
Rien à dire. Le silence qui suit... est encore du...
F.d'Alayrac
merci françois...ce texte figure dans le recueil...c'est un texte intime qui me ramène à cet instant...
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