Shoot
lundi, 13 novembre 2006

Comme des toxicomanes qui partagent un shoot, tu tapotes ma veine, tu enfiles l'aiguille et le bien-être suit le sillon des vaisseaux pour atteindre les contrées les plus reculées de ce territoire inexploré qu'est l'enveloppe charnelle désincarnée. Lentement, le flux lumineux se repend et les repères se perdent, s'évaporent comme une goutte d'eau se noie dans la mer. Avec le peu qui me reste de présence, je saisis à mon tour le stupéfiant et dans ce même rituel automatique, je te projette dans le voyage concentrique. Nos âmes sont étrangement enlacées, nous savons que l'Amour est indivisible, alors nous partageons l'anéantissement, enfants du mirage dansant dans leurs sarcophages, étincelles de l'agonie recomposant les soubresauts élémentaires du virtuel, enchanteurs de crécelles harmonisant les fausses notes artificielles. Nos éclaboussures sont les ratures de tous les poèmes que nous n'écrirons pas.
4 commentaires
il y a des mots qui emportent et terrassent comme ceux là - l'osmose virtuelle des âmes et des coeurs aux confins de l'abandon...
je me sens comme cette goutte d'eau...et ce texte est très beau...vraiment.
Merci Aude.
oui, daniel, l'abandon...
Nous sommes une goutte d'eau, joh, nous nous émancipons en retournant à la mer...
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