dimanche, 17 août 2008

spontanéité

elle se pose par là
dans l’alvéole d’un silence d’un mot
lueur éclaboussant tes yeux

elle glisse un soupir entre tes lèvres
sans conséquence
comme un sourire à un inconnu

tu en oublies la voie
dans une volute bleutée

cambrure à fossettes
aux tendresses spontanées

la vie « palpite là
comme une petite bête »

samedi, 16 août 2008

plein être

un brin
désobstruction
une pulsation
pouls silencieux
diffusions suaves
sèves assouvies
une rivière au lit
confondue au berceau
plénitude entre autre
plein être

mardi, 12 août 2008

refaire le monde

les chants de tous les matins
s’élèvent encore aux berceaux
les mains inertes ne frôlent plus que la lumière
onde érectile éprise d’instants
soulignant la grâce
des lourdeurs translucides

la moisson de frissons
nappe l’axe étravé
symphonie de pétillements
aux origines mystérieuses
qui envoie ses contretemps
aux sommets d’irréalités endémiques

flânant dans le babillement écervelé
le cœur s’étire
en omettant de refaire le monde

lundi, 11 août 2008

en vérité

vérité ou vraisemblance
toujours la même quête
le même graal élusif
frétillant comme une ligne d’horizon

une note isolée ne sonne ni juste ni fausse
et l’harmonie des rondes entre elles dissipe les interrogations
accords effrénés en probabilités démenties
gloire oubliée de la reddition sans condition

 

chez pseudonymes1 

samedi, 09 août 2008

constellations du néant

le jour sacrifie les sept voiles au vent
leurs parcours sur l’épiderme rembobinent le temps à zéro

il n’est plus que soie et caresse
esquissant un sourire sur le lit  des froncements

toutes les présences se condensent
dans la tendresse dissolue de la brise ingénue

toutes les nuisances entonnent
la mélodie cardiaque de l’univers en perfusion

l’effondrement en cascade
grouille de lumière insolente

lorsque l’interrogation cesse
lorsque l’insensé culmine

l’impression totale d’être
piaffe dans les constellations du néant

mardi, 05 août 2008

état simple

sous une pluie d’éclairs
l’écho s’envole
se défait de son carcan galopant
et dépose une aura d’or
sur le panorama interdit

la nuque s’offre à la morsure
comme au souffle
éclosion sauvage de jasmin
sans pudeur sans crainte

là sans y être
incrédule omniprésence
simple état

samedi, 02 août 2008

complétude

l’univers s’était entrouvert là
au creux de ton haleine
effervescence d’un instant suspendu
et toujours le souffle revenait s’égarer
dans la réminiscence omniprésente de la perfection
entrevue le temps d’un éblouissement
au travers des paupières fermées
par l’insoutenable vision
ni distance ni fuite ne fragmentent
la complétude

vendredi, 01 août 2008

sans histoire

tu aveugles les ténèbres
des aubes polychromes
rien ne peut se perdre
gravé sous tes doigts
dans le cycle infatigable
sans histoire
où tu oublies
où la lumière te berce
jusqu’au sourire perpétuel

 

pour un chevalier perdu et fatigué... 

jeudi, 31 juillet 2008

modulations

encodage d’acides aminés
aux saveurs pulpeuses
inscrit dans le marbre
taillé à même la moelle

ainsi soit-il

sans équivoque ou échappatoire
aux surréalités ensourcelantes
berceuses aux bois dormants
sur le fil de tes modulations

mardi, 29 juillet 2008

réflexe

réflexe inconditionnel
la voix afflue
élixir de silences anodins
estival d’imprévu
bouillonnant d’être

d’un même automatisme
le regard s’inverse et s’affute
sur la lumière vibratile
aux étamines d’or
d’une fissure de volupté

 

dimanche, 27 juillet 2008

ligne d’arrivée

certains croient être arrivés
ils s’imaginent reconnaitre la piste
dans les fresques d’autres
qui ont estimé aussi être arrivés
mais avoir cette conviction est encore  manifestation d’orgueil
et les récits par nature erronés
comment savoir être arrivé quand il n’est pas d’égo pour le constater ?

la lumière ici les attire
croyant être arrivés
ils ne peuvent que douter qu’ici puisse seulement exister
alors ils se méfient
mais l’attraction est plus forte que la peur

nul ne sait où est ici

ici n’a pas de propriétaire

ici tout est à volonté
l’espace d’un instant fétiche
sans retenue ni limite

sensualité, émoi platonique et déception
chacun obtient ce qu’il est prêt à recevoir
sans pour autant se rapprocher ou s’éloigner
de la mythique arrivée

samedi, 26 juillet 2008

état

rubans incandescents irisés de gentiane
la matière se dématérialisait

remplaçant émois et frissons
subrepticement l’immatérialité avait épaissi

pendant toute une durée immédiate
vous aviez été encore là

oh presque pas

juste à regarder

à dire parfois

et puis votre présence aussi s’était atténuée
silencieusement
comme un miroir fondant sous la caresse de l’étoile

alors le calme s’était étendu
sur l’ensemble
comblant le plus infime interstice
desséchant le dernier soupçon de reflet

l’état luisait

jeudi, 24 juillet 2008

anonyme

l’incendie déboule
nuée de napalm igné
injection d’interjections délirantes
au seuil de l’anonymat
d’un mot ravagé
du fond de la sépulture

l’esprit des possibles
s’imprime au sommet
comme la candeur de la vérité
assénée en toute violence
les matins défraichis
tout ourdis d’oubli

 

mercredi, 23 juillet 2008

sensible

les notes pianotent ingénues
sur les espaces érogènes
à la naissance d’une palpitation
au cœur sans cible

 

toc en tocade
ivresse insondable
aux vertiges inhalés
aux prestiges exténués

 

et toujours l’amour traine
à portée d’abandon
nudité de l’habité
plus rutilante que l’apparat

 

et la solitude se blottit à l’âtre
carambolage idolâtre
spiralant les décoctions
des galaxies de la source

 

idéal

l’étincelle gémit
se fixe dans l’oscillation
s’extirpe de l’éblouissement
pour rutiler plus haut
laissant échapper des gerbes poivrées de cannelle
des murmures pyrotechnicolorés
des satinassions mélodieuses aux vertus odieuses
comme la perpétuation d’un accord idéal